100 souvenirs de 2025

100 souvenirs de l’année écoulée, sans regarder les photos ni en parler avec les autres : on avait fait ça l’année dernière, c’est vrai, j’avais oublié avant de lire la mouture 2025 de Dame Ambre. Cela m’a donné envie de retenter l’exercice — parfait pour ne pas voir passer un ou deux trajets en métro.

  1. Manquer de me tôler en venant saluer à la fin de mon premier spectacle de fin d’année en tant que professeur de danse
  2. Une nuit d’amour — une coulée d’amour — dans l’obscurité complète
  3. Le boyfriend réjoui comme un gosse dans sa nouvelle maison vide avant l’arrivée des déménageurs
  4. Ma première Cornish pasty
  5. Le plaisir de massacrer Clair de lune de Debussy dans une version simplifiée durant les quatre jours plutôt pluvieux passés dans un AirBnB avec un piano quart de queue
  6. Le collègue ancien formateur qui passe la tête dans le studio, voit mes élèves répéter et leur dit « C’est bien, le filles. » (Je n’ai pas oublié le s, c’est l’accent.)
  7. Le même qui, me raccompagnant au métro en voiture, me dit qu’il est content de moi, de ce que j’ai fait avec les élèves, je ne les ai pas mises en danger
  8. Gérer la nuée d’ado déçues quand les pointes sont annulées (so much for la non mise en danger)
  9. Une leçon improvisée sur le spot de la tête dans les tours sur la pelouse du square et une boîte de macarons d’ici
  10. Le maquereau, le beer battered fish et la salicorne au restaurant turquoise de Newlyn
  11. L’exaltation parmi les bruyères dans la golden hour
  12. Mum qui prend le rond-point à contre-sens après une erreur d’embranchement qui nous aurait fait rater le ferry
  13. Les glaces à rien à la clotted cream
  14. Le champ qui sent le pain grillé lors d’une randonnée décevante sur bitume
  15. Les mûres comme snack gratuit en randonnant sur le bord de mer, dans une végétation qui transforme ce bout de côte en plantation de thé
  16. À table, Mum qui me dit, je ne sais plus avec quels mots, qu’elle m’observe adulte, que je ne suis pas comme elle, que j’ai plus d’empathie ou de bienveillance, mais ce ne sont ses termes, je n’ai pas retenu les mots, juste la lumière que cela a fait naître
  17. Le port de Newlyn par la fenêtre du AirBnB de guingois
  18. Voir P. déployer son cygne et gagner en confiance en cours particulier
  19. Les plaques de cuisson constellées de postillons gras après le passage du boyfriend et tout ce qu’il en est advenu sur table et dans mon estomac
  20. Cinq mois de vie commune dont il ressort : oui aux câlins à domicile, non au bruit incessant qui sort des écrans
  21. Les massages de pied du boyfriend
  22. Les chirashis du samedi soir, avec double ration d’avocat
  23. L’exaltation de Liv Maria, la force de vie de Julia Kerninon — lectures partagées avec Melendili
  24. Le boyfriend qui me caresse la tête comme un enfant malade et me serre contre lui contre les sanglots inarrêtables, le sentiment de faute irréparable qui vient de loin, contre lequel je ne peux rien, sur le point de me perdre (et lui, qui me confie a posteriori que je lui ai fait peur)
  25. Découvrir la nouvelle maison de Dad sans lui et lui rendre visite en maison de repos / son SMS ensuite « énormément plaisir »
  26. Le chat qui vient ronronner sur mes jambes par-dessus la couette alors que le boyfriend est reparti sans lui pour quelques temps
  27. La jalousie jouée envers Martin, le moniteur d’auto-école pour lequel le boyfriend se parfume
  28. Revenir à la gare à trois professeurs et trois roses de front
  29. Devenir autre chose que collègues en écoutant une détresse psychologique, puis des bribes d’histoire personnelle
  30. Le quiproquo avec la psy et une séance qui a failli être la dernière sans que je le sache
  31. La douleur légère au genou pendant des mois, et le soulagement de l’infiltration sans commune mesure avec celle de la hernie discale
  32. Les bruits de travaux et le plafond palmier à dalles lumineuses lors de l’IRM qui me diagnostique finalement un ménisque fissuré
  33. L’envie de jeter la manette par la fenêtre, même avec le jeu au casque — bruit de plastique énervé
  34. Cette carte de remerciement infiniment émouvante
  35. Se demander s’il faut écrire Sherpa ou sherpa en relisant ce manuscrit maintenant publié / apprendre tout un tas de trucs sur l’alpinisme et mon amie
  36. Les asperges au peanut butter chez Britney pour mon anniversaire
  37. Installer la table de jardin offerte par le boyfriend dans ma chambre pour avoir chacun un bureau
  38. Partir en expédition Le bon coin au débotté pour trouver un bureau où le boyfriend puisse installer son ordinateur et sa tablette graphique / Mum qui plaisante en rajoutant un zéro de trop
  39. Le chat qui surveille la main de Mum sur le levier de vitesse
  40. L’adieu à l’appartement de Montrouge
  41. L’exercice de Pilates piqué à un cours avec Mum pour les élèves de barre au sol
  42. Unlocker un nouveau niveau d’en dehors en cours de posture
  43. Survivre à quatre semaines avec un seul jour de congé hebdomadaire
  44. Passer de 16 à 21h de cours hebdomadaires
  45. Les pâtes du mercredi et du samedi midi dans des bacs de glace au chocolat
  46. La petite explosion de la couronne qu’on ouvre en port de bras comme étant ma marque de fabrique, selon CC
  47. Être raccompagnée au métro par S. en collants roses et guêtres noires sous son manteau, la choquer en sortant du pain et du fromage en tranche de mon sac de danse
  48. Donner des cours particuliers à une gymnaste qui fait les championnats de France et dont la cousine a dansé Serenade aux États-Unis
  49. La posturologue qui me rapporte on est contente de l’avoir, avec elle on danse vraiment
  50. La visite d’une baraque bourbier inchauffable indémerdable
  51. Découvrir certaines de mes plus belles écharpes ruinées et faire la chasse aux mites
  52. Se faire plaisir en abordant du répertoire en stage / La Bayadère (la variation de la flûte) et Dances at a Gathering (le danseur en brun) / le groupe incroyable et ma dame pétillante aux cheveux tout blancs
  53. La petite fille aux bras scarifiés qui court de joie après le spectacle (et n’est plus là à la rentrée, dépression sévère)
  54. Les bretelles de justaucorps qu’on réunit avec des ronds de porte-clefs pour le spectacle
  55. Le grand gaillard à qui échappe une larme d’émotion parce que ce spectacle est le dernier avec le conservatoire après y avoir fait toute sa scolarité — il passe au niveau supérieur
  56. Appeler Tavistock « ta biscotte »
  57. Le calendrier de l’Avent en forme d’objet astronomique précieux
  58. La joie quand Coline Pierré s’abonne à ma newsletter danse
  59. Apprendre qu’au conservatoire, la prof de danse de mon adolescence me surnommait Bambi
  60. Les bagues et les tresses lumineuses de H., quand on s’éternise en discutant bien après la fin de mes cours — les goûters que je lui suggère
  61. Les crumbles deux chocolats du mercredi midi
  62. Les squats qui me tétanisent les cuisses sans aider le genou, chez une kiné où je ne suis pas retournée
  63. Le nouveau pianiste qui pourrait être un pote
  64. Se retrouver en collants roses et godillots dans la cour d’un lycée, magie de l’exercice d’évacuation incendie
  65. Les musiques chelous qui servent de sonnerie au lycée, interfèrent dans la musique du cours de danse et me donnent systématiquement envie de les interpréter par des mouvements désarticulés
  66. Le trajet retour en métro avec une élève débutante adulte, qui m’explique faire de l’animation et visualiser les mouvements de danse comme les silhouettes qu’elle anime, avec des points-clés (le pouvoir de la visualisation !)
  67. Se hurler dessus avant de rendre les clés de la voiture de location, tout au stress de rater le train
  68. Faire la lecture du cirque et du tracteur vert au fils de JoPrincesse
  69. Causer trouble anxieux avec C. dans le cimetière de Montrouge (et ses allées par essence d’arbres)(et sa stèle vitrail)
  70. Les sous-verres en forme de vinyle au seul café qu’on trouve d’ouvert la même ou une autre fois (une librairie japonaise) — il semblerait que ce soit en 2024
  71. Voir deux spectacles de Martha Graham pour la première fois et dans la même journée
  72. Ce dernier mercredi si chaud de juin, où l’on m’offre des chocolats
  73. Les volutes à la Van Gogh et « G-Ives-verny » sur la broche-prénom du boulanger
  74. Les derniers accras de morue au restaurant de poisson de Montrouge
  75. Le salon de thé Krème qui a fermé
  76. Les rares mais longs coups de fil avec L., notamment la fois où elle me raconte avoir soufflé une lampe-lune-néon en verre
  77. Se remettre à pleurer quand il me demande à quel niveau de vert couper les poireaux
  78. Le canapé de la voisine qui brise le vasistas du salon lors de la livraison
  79. Moi qui soupçonne le boyfriend d’être TDA, lui qui me soupçonne d’être un brin TSA
  80. En pantalon à pinces, avec un masque et de la fièvre, improviser un échauffement sans barre, pour des élèves qui ne sont pas les miennes et sont filmées par les caméras de France 3 région
  81. La découverte d’un nouveau plat indien à la noix de cajou
  82. Barricader les fenêtres d’oreillers, plaids et coussins pour tenter de dormir dans le noir en Angleterre
  83. Le pull rayé blanc, vert pâle et vert foncé que je n’ai pas acheté à cause de sa composition plastique
  84. Manger un msemen au soleil avec L. dans le parc aux coqs
  85. Écrire mon prénom sur un chevalet en papier, un geste que j’avais oublié
  86. « Mais ils sont beaucoup plus vieux que toi, ils ont 34 ans. » Plus jeunes, donc. Incrédulité de mon interlocutrice, qui en arrête de pousser son vélo.
  87. Goûter le merveilleux de chez Brier en updatant avec M.
  88. S’emmêler les pinceaux temporels  et savourer le roulis lingual allemand devant Dark
  89. La flaque de larmes d’une enfant figée parce qu’elle n’a pas réussi un pas — une flaque, comme dans les bandes dessinées !
  90. Ces Anglais qui font des plongeons en combinaison dans le port de Mousehole
  91. Une petite fille qui m’offre une gourde à fleurs à la fin de l’année car la mienne a été décrétée trop petite (elle passait sous tous les robinets)
  92. Une autre élève qui part en fou rire quand je ramasse sa gourde, persuadée que c’est la mienne nouvelle (le motif floral à l’aquarelle est très similaire)
  93. « C’est ton côté farfelu » dixit la directrice en voyant la fleur en fil de chenille offerte par une enfant et plantée dans mon chignon
  94. Le paquet de Chocapic XXL pour pourvoir aux petits-déjeuners du boyfriend et des miens (en topping sur les flocons d’avoine)
  95. Le boyfriend qui me raconte son avancée dans Clair-Obscur comme si le jeu vidéo était une série
  96. « Mais on va avoir la honte, si c’est un jeu vidéo » dixit une enfant quand je leur fait écouter la chanson de Clair-Obscur que j’ai sélectionnée pour le spectacle
  97. Les élèves qui se mettent à chanter La Bohème tout autour du piano tandis que l’autre groupe passe au milieu
  98. Faire les boutiques avec Mum à la recherche d’une parka qui ne soit pas noire (et jolie) (et imperméable)
  99. Croiser A. le lendemain de notre cours quand elle emmène ses enfants au leur. Découvrir au moment où elle repart à Versailles qu’elle aurait été partante pour se voir hors des cours de danse
  100. Trouver des galettes de pomme de terre à Vierzon à la faveur d’un train annulé et les mettre illico au menu du réveillon

Après avoir parcouru la galerie photo de mon téléphone, j’aurais pu ajouter :

  • un élan pour des tests culinaires : beignets de poireaux, palak paneer, salade aux asperges crues, grilled sandwich courge buternutt-miso-cheddar…
  • les électrodes chez le kiné
  • lire des BD dans diverses médiathèques entre les cours que je prends et ceux que je donne
  • utiliser des pièces d’échec pour visualiser le placement des élèves dans les chorégraphies
  • les magnolias en fleur au parc Barbieux
  • reconstituer les anamorphoses géantes du palais des Beaux-Arts
  • cuisiner la même recette en visio avec C.

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