Skillshare #01

Cette année, j’ai demandé au père Noël un abonnement à Skillshare, sorte de YouTube dédié au dessin, design et autres pratiques créatives, qui  rémunère (un peu) les créateurs des tutoriels. La plateforme permet en outre de voir les réalisations des autres étudiants et de montrer les siennes (même s’il semble y avoir peu d’échanges ; c’est dommage).

Logo Skillshare

Désireuse d’apprendre à me servir de Procreate et attirée par le style de ses illustrations, j’ai commencé par le tutoriel de Jarom Vogel. Il y a manifestement à boire et à manger sur la plateforme, mais là, c’est du tuto de compét’ : bien pensé, bien filmé, bien monté, il mêle prise en main technique et astuces de pro.

Ce luxe du split screen, avec d’un côté la capture écran et de l’autre la vision du dessinateur…

J’ai suivi toutes les étapes et, au terme de nombreux allers-retours entre Skillshare et Procreate, j’ai obtenu ma première illustration avec ce logiciel. On n’en est pas au même niveau de détail, mais je suis plutôt contente du résultat, compte tenu de mon peu d’habitude à dessiner des êtres humains – sans même parler de les styliser.

Skillshare encourage les étudiants à partager leur processus en même temps que l’image finale ; c’est assez génial, en effet, de comprendre comment une image s’est faite. Malheureusement, la plateforme semble buguer et a effacé tous mes textes pour ne conserver que les images. Je me suis donc dit que ce ne serait pas mal de tout garder chez moi, ici sur mon blog ; cela me permettrait en outre de voir mes progrès au fur et à mesure de l’année.

 

On commence par quelques croquis pour trouver l’inspi. L’illustrateur préconise de jouer avec des formes géométriques pour le fond. Je pars sur un saut de chat Balanchine sur losange (vignette tout à gauche). En détaillant le croquis à plus grande échelle, je dessine spontanément un chignon banane, qui donne un air de martienne à ma danseuse. Bof. J’essaye une chevelure détachée et stylisée, qui donne plus de volume… et c’est alors le corps qui commence à en manquer, d’où l’ajout de la jupe, pour contrebalancer – laquelle jupe, masquant le tracé des cuisses, rend caduque le losange, remplacé par un cercle. On y est, on a le croquis de base (avec un regard qui fait peur, on fait ce qu’on peut).

Passage en couleurs, en aplats (pas encore d’ombre ou de texture) :

Ajout d’ombres (sur les bras, sous la jupe), de plis à la robe et d’un léger effet de texture granulaire (peut-être trop discret par rapport à la taille de l’image) :

Avec l’ajout des détails vient la valse des hésitations. C’est la magie et la malédiction du numérique : on peut toujours activer et désactiver un calque, le dupliquer pour le modifier légèrement, et ainsi hésiter entre mille combinatoires, jusqu’au moment où on ne voit plus rien et où il faut demander l’avis du public (merci, JoPrincesse). Parmi les tentatives non retenues figurent la transparence de la robe (qui rend plus lisible le mouvement de la danseuse, au détriment du mouvement de l’image) et l’ajout de flammèches de feu, sur le modèle des nuages de Jarom Vogel, comme si la danseuse perforait le soleil (mais on perd l’impact du mouvement).

Please Like Me

J’ai dit en mai combien cette série m’avait marquée. C’est la première fois que l’errance d’un personnage velléitaire avec zéro centre d’intérêt ne me conduit pas à l’exaspération (j’ai une grosse intolérance face au gâchis ; autant dire une phobie). Certes, j’ai eu envie de secouer Josh à chaque fois qu’il échouait à manifester le minimum d’empathie qui l’aurait sauvé lui et ses amis, mais j’ai ressenti plus fort encore sa détresse – son cycle éternel de tristesse et d’humour : l’humour pour contrer la tristesse avant qu’elle ne coagule en amertume.

Parmi les dialogues hyper bien écrits, voici quelques répliques qui m’ont fait rire parfois, sourire triste et vrai souvent. Certaines (je ne dirai pas lesquelles) avec une drôle de résonance.

Moodboard 06.20

Juin, mois de transition vers une normalité retrouvée ou réinventée. Je reprends un rythme qui n’a en réalité jamais existé, accéléré, ralenti, distordu. Sans métro ni concert, tout le monde est à la fois plus loin et plus disponible. On rattrape, on rattrape : le goûter de fête des mères est en même temps l’anniversaire de ma tante, de son mari et de ma grand-mère. Les cadeaux fusent ; je récupère même celui que ma cousine m’a fait pour Noël, qui n’était pas arrivé. C’est vraiment un drôle de temps concaténé.

Juin a vu le premier jour de travail en présentiel depuis des mois, puis le dernier jour de télétravail. Je n’ai toujours pas rallumé mon second écran, ne m’étant pas encore réhabituée au gigantisme du principal après des semaines sur portable.

La boulangerie à côté du bureau a changé de propriétaire. Le monde d’après, c’est comme le monde d’avant, mais sans les pavés brie-miel-tomates séchées.

« Le télétravail n’est pas la politique de l’entreprise. » L’entreprise refuse que l’on continue à distance, même à mi-temps ; je refuse de prendre le métro, définition par excellence du « lieu clos et mal ventilé » où auraient eu lieu la plupart des contaminations. Je crois que je crains moins de tomber malade que, tombant malade, de ruiner la nécessité des semaines de confinement – je ne peux pas prendre le risque de les avoir mal vécues pour rien. Pour une décision absurde qui plus est : sans client en face à face, nous pouvons tout à fait continuer à télétravailler, et laisser circuler ceux qui ont une nécessité réelle à le faire.

Il semblerait qu’on ne puisse être qu’inconscient ou inutilement précautionneux ces temps-ci ; j’ai du mal à savoir où placer le curseur. Quelle est la cohérence de faire désinfecter les locaux à fond si c’est pour faire venir les gens en métro et faire tourner la climatisation ? La cohérence m’est nécessaire ; je cherche à la maintenir même si je dois pour cela me prendre la tête et me compliquer la vie. Je m’entête, c’est absurde et c’est mon garde-fou contre l’absurdité. Si je cède maintenant, les efforts qui précèdent n’ont plus de sens, et je ne crois pas avoir l’aplomb psychologique pour me le permettre en ce moment.

On me refuse le télétravail à mi-temps- refus absurde d’une proposition censée ? Tête de pioche, je refuse de venir en métro. De refus en refus, juin s’est fait le mois du vélo : il y a la traversée épique de Paris avec mon VTT à la roue arrière un peu dégonflée pour retrouver ma princesse avec un an de plus, l’ivresse des pavés à minuit passé et la toute fin du boulevard de l’Hôpital à pieds vers une heure du matin ; il y a la fierté d’avoir monté (à l’envers, puis à l’envers de l’envers et enfin à l’endroit) un panier sur le vélo de ville de ma grand-mère qui, à 82 ans, juge plus prudent de ne plus monter dessus et me le prêtedonne ; il y a la déconfiture de la roue crevée et la semaine épique des Vélib’ absents, cassés, bugués, qui m’a laissé les cuisses explosées et des courbatures terribles sur l’avant des tibia, le jour où, énervée de trouver toutes les stations ou vides ou mal loties, je suis partie travailler à grandes enjambées précipitées, lesquelles ont davantage entretenu la colère qu’elles ne l’ont purgée.

Genou égratiné, casque de vélo à côté
Retour à l’enfance (je ne suis pas tombée, je suis juste remontée à vélo un peu précipitamment, m’égratignant sur la clé de l’antivol)

Il y a le plaisir de retrouver l’élan d’un corps de ballet quand, avec tous les cyclistes, on s’élance en meute après un feu rouge, et les gaz d’échappement dont on se passerait bien, les feux infinis qui reposent les cuisses mais coupent l’élan – feux que moins de cyclistes brûlent maintenant que j’ai découvert la signification des tout petits panneaux avec leur vélo et leur flèche orange. Il y a le petit frisson de la vitesse quand je descends sur les quais après quai de la Râpée et celui, absent, de l’émerveillement de longer les beaux immeubles de bord de Seine, que j’avais pourtant éprouvé en décembre, quand les grèves m’avaient pour la première fois fait tenter le trajet à vélo. Il faut si peu de temps pour que le déplacement laisse place au trajet, et que l’habitude se referme sur nous en couloir, nous faisant circuler dans une ville à nouveau étriquée.

Puis il y a l’autre versant de l’habitude, la discipline née de la routine, qui me fait dérouler le tapis de yoga tous les matins ou presque. La première fois que j’ai essayé au lever, ma cuisse s’est trouvée marquée d’une longue griffure – la coordination avant le petit-déjeuner, ce n’est pas ça (pour tout dire, même me doucher avant le petit-déjeuner, c’est compliqué). J’ai récidivé (avec Adriene les jours de télétravail, seule en 5-10 minutes quand j’avais moins de temps) et il est rare maintenant que je ne commence pas la journée à quatre pattes par un cat-cow, surtout quand je peux attraper un rayon de soleil, le visage levé (cow)(cat, c’est le chat d’Halloween qui fait le dos rond).

J’ai encore du mal à distinguerdoser la répétition qui donne la discipline (puissance d’expansion de son être) et le rituel qui enferme, rétrécit (rabougrissement de l’être dans le confort à courte vue). Je n’arrive pas à deviner les limites de l’une et l’autre, savoir quand l’une bascule (vire) dans l’autre, et mes moments d’enthousiasme et d’abattements demeurent comme étanches, la vie comme une suite de points que mes yeux ne parviennent pas à fondre en une ligne à suivre.

À défaut d’unité, l’étanchéité me garantit quelques capsules d’enthousiasme, plus faciles à partager. Par exemple…

– Pourquoi tu ne pourrais pas venir chez moi, plutôt ?
– Tes fenêtres sont moches.

Mes fenêtres années 70 et leurs stores occultants t’emmerdent, Hugo, mais mes papilles te remercient : le shooting a été suivi de cacio e pepe – maison, s’il vous plaît !

Plein de bonnes choses parfois plus miamesques que saines : des Snickers glacés pour le goûter, des barres Pralinka hebdomadaires à la boulangerie près de chez Palpatine et, toujours chez le même dealer, des tronçons d’amandes caramélisées aussi doux à l’âme que durs aux dents…

… des cerises, chez Palpatine et au parc Montsouris avec C. lors d’un pique-nique vespéral. On n’a pas cessé de se répéter qu’on était bien là, dehors, dans l’herbe, et c’était vrai, même si j’ai eu du mal à me sentir présente à l’instant et à ma nouvelle amie. À défaut d’étoiles dans les yeux, j’en ai gardé du taboulé dans le sac…

… la tarte au citron meringuée de mon amie O., aussi délicieuse que magnifique (étonnamment peu sucrée pour une tarte au citron)(mais mon amie O. aussi est délicieuse et magnifique) lors d’une après-midi où j’ai vu double : venue pour rencontrer ses jumeaux, j’ai découvert que son mari a un frère qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau, tous les deux très très beaux, du genre à vous faire sentir bien lorsqu’ils sourient et qu’on ne sait plus très bien si ce ne sont pas les yeux qui auraient des fossettes et les bouches qui pétillent. Peut-être que la beauté va par deux : j’ai repensé aux jumeaux présents à l’enterrement de la tante de Palpatine, beaux comme des dieux grecs, mais vraiment, pas comme l’expression, pas des Roberto Bolle bien gaulés, peaufinés au burin et ciseaux de sculpteur, non : des beautés, des profils terribles, sculptés comme des falaises, par l’érosion des vents…

En parlant d’enterrement : nous avons dispersé les cendres de mon grand-père dans le jardin, sur le lierre (tiens, il y avait du lierre, là, à l’horizontale ?), près du cabanon à outils (où il était souvent fourré quand il n’était pas dans son bureau). On a retiré la boîte cylindrique du bureau où elle était stockée depuis août dernier – en fait d’urne, on aurait plutôt dit un étui pour bouteille de vin, un grand cru 1936. Après avoir mangé des petits-fours Picard, du gâteau, de la salade de fruits, papoté, rigolé comme des bossus en essayant de regonfler le vieux vélo de ma grand-mère, tout fait en somme pour repousser ce pour quoi nous étions venus, nous avons saupoudré notre grand-père sur le lierre à la tombée de la nuit. Ce n’était pas lyrique comme dans les films ; ce n’était pas tristement prosaïque comme je le craignais : c’était du blanc sur le vert, une couleur incongrue en été quand il ne peut pas neiger ; de la poussière, vraiment, comme si on avait fait des travaux dans le coin – un mini-gravas retenu par l’une des feuilles, comme un bourdon à l’intérieur d’une fleur. On s’est demandé s’il fallait arroser pour que ça rentre en terre, puis rien, on est rentré, sans se retourner. Cela ne m’a pas remuée, ne m’a rien fait, et c’était ça qui était bizarre : ce plus rien.

Juste avant de sortir, j’ai eu l’impression de le voir dans le fauteuil en cuir marron du salon où il s’affalait lors des rassemblements familiaux, nous regarder le dépasser et disparaître à la queue-leu-leu par la véranda, le sourire bien à plat, et la mimique de qui ne saurait en dire davantage, tendresse et tristesse tues dans un semblant de joie, tu parles d’un drôle de truc. En août dernier, il nous quittait ; en ce mois de juin, c’est nous qui le quittions.

Il n’est resté plus qu’un galet gravé, à mi-chemin entre la plaque du soldat mort au combat qu’on remet à sa famille et le savon artisanal des marchés de Provence – mais en fait même pas : il était au nom du crématorium, et pas de mon grand-père. Je crois que la boîte en carton décorée d’un coucher de soleil kitschissime a fini à la poubelle jaune.

Je me suis inscrite avec Melendili à l’atelier d’écriture en ligne de MelieMeliie, joliment nommé L’étincelle : quelques étincelles au milieu de pétards mouillés (j’y reviendrai dans un article dédié).

Splendeurs et misères du hibou vert : plus de 300 jours de Duolingo.

Plaisir retrouvé de retoucherbidouiller des images et de les poster sur Instagram – probablement grâce aux newsletters d’Anne-Solange Tardy que je lis avec plaisir, même si je ne fais pas le challenge auquel elles sont associées (one challenge a day basta). J’hésite moins à avoir la main lourde sur les retouches : il s’agit moins de tricher que de rendre ce que l’enregistrement trahit du regard…

Juin m’a nourrie d’une bonne dose de fiction, hors séries, souvent en me faisant gerbiller (= câliner pour les souris).

// Dans l’ombre de Mary (Saving Mr Banks) : j’ignorais que Mary Poppins était un livre à l’origine !

// Fifty Shades Darker : un poil moins mauvais que le premier volet, ce qui en fait en réalité un moins bon nanar // le couple d’acteur est toujours aussi fade, ça me fascine // tellement lisse et plat que c’en devient paradoxalement remarquable : Bambi et Ken, les plus beaux M. et Mme Tout-le-monde

// About a Boy : Hugh Grant et un mini Mr Spock

// Coup de foudre à Notting Hill a 20 ans et moi 31 // non seulement je ne m’en lasse pas, mais chaque visionnage me réjouit à chaque fois un peu plus // le pote de Hugh Grant est devenu comte de Dowton Abbey, je ne m’en remets pas

// Perfect mothers : la beauté de Robin Wright

// Les Évadés : il viendra s’amalgamer aux autres grands films de prison/d’évasion que je rechigne autant à voir qu’ils me transportent une fois la réticence passée // même en VF dans une traduction vieillie, ça balance

// Le Prénom : je déteste le théâtre filmé et, bien décidée à faire autre chose, je me suis fait avoir par une, deux répliques // pas mal, j’ai consenti, et j’ai regardé, et je me suis marrée // tous ces gens qui sont abonnés à Télérama et n’ont pas de télé…

// Cigarettes et bas nylon, sur ces femmes françaises tombées pour des soldats américains, qui s’en vont pour un pays dans lequel elles connaîtront des destins divers // j’ai aimé ça, justement, le divers // et aussi que cette femme coupée dans son élan ait poursuivi son désir de partir et se réinventer, même si ce n’est pas forcément plus facile de l’autre côté de l’Atlantique // ce n’est pas le rêve, pas même une désillusion : c’est l’entéléchie américaine // ramer mais pouvoir croire que ça peut changer

// Allied « I keep the emotions real. That’s why it works. « 

// Casablanca : pour une fois, l’amour-passion recule devant la continuité d’un tendre compagnonnage, même si c’est pour ainsi dire hors champ, une fois que l’amour-passion impossible a fait son histoire // l’esthétique des yeux brillants de larmes dans le noir et blanc : le comportement larmoyant a-t-il pu être encouragé pour sa valeur chromatique ?

// Un Américain à Paris : pourquoi ai-je tant attendu pour le voir ? // plaisir de retrouver une musique sur laquelle j’ai dansé // Gene Kelly, l’antithèse sexy de l’angélique Fred Astaire // Leslie Caron : curieux, des bras si peu déliés quand on est si solide sur pointes

Pis des lectures, mais c’était trop long, alors j’en parle là.

La faim du confinement

Sesame noodles wih ginger and peanut butter

Les nouilles épicées de Din Tai Fung, c’est une sauce à la cacahuète qui me fait complètement disjoncter les neurones, au point d’oublier d’une fois sur l’autre que j’aurai la bouche en feu, et qu’il faudra lutter contre le piment pour ne pas laisser un éclat de cacahuète. J’ai découvert ça à Hong Kong, et jamais retrouvé les saveurs par ici. Jusqu’à tomber sur cette recette des sesame noodles d’OwiOwi. Double avantage : c’est une recette entièrement végétarienne (pas de bouillon de bœuf comme à Hong Kong), et on peut doser la quantité de piquant pour que ce soit excitant, mais pas éprouvant.

S’il fallait un plat pour incarner le confinement, ce serait celui-ci ; son mélange inimitable de sésame, gingembre et cacahuètes en fait mon nouveau plat de comfort food favori. Je l’ai déjà fait assez de fois pour ne plus avoir besoin de consulter la recette : soja, vinaigre de riz, huile de sésame, miel, pâte de cacahuète… je verse directement toutes mes petites cuillères dans l’un des grands bols à ramen offerts par Palpatine. Moyens du bord, ajustements et préférences m’ont conduite à faire plusieurs essais, qui se sont pérennisés en une nouvelle variation. Dans les sesame noodles d’OwiOwi de la souris, il y a :

  • veto sur les oignon crus et l’ail,
  • une soupçon de purée de piment à la place de la sauce pimentée toute faite (qui comporte de l’ail)(je n’aime pas l’ail, on l’aura compris),
  • de l’huile de sésame uniquement,
  • autant de gingembre que j’ai la patience d’en râper,
  • des nouilles soba, mi-sarrasin mi-blé,
  • et surtout, surtout, de la purée de cacahuète (l’avantage de la purée sur le beurre, c’est qu’il n’y a pas de sucre ajouté) plutôt que du tahini (de toutes façons, vous aviez terminé le pot avec votre dernier houmous).
Fluffly pancakes

Encore un coup d’OwiOwi : des pancakes hyper fluffy comme à San Francisco, qu’on peut décider de faire sur un coup de tête au réveil (la pâte ne repose que 10 minutes, soit le temps de ranger la cuisine avant de s’attabler).

Curcuma et feta, tel est le secret de ces golden eggs, éventé par OwiOwi. L’aneth donne un petit goût hyper stylé, mais c’est aussi très bon avec des herbes de Provence.

Carottes rôties

Des carottes rôties au four dans leurs épices (plus une patate douce qui trainait). Encore un coup d’OwiOwi : vous aurez compris à présent mon statut de fan girl absolue.

Grâtiné : tartes, polenta et croziflette

Tarte oignons-raisins sec et tarte épinards-bleu-parmesan-raisins secs : des classiques de ma maman (on aime le sucré-salé de mère en fille).
Pour la bonne mesure fromagère : croziflette et polenta poêlée avec du gorgonzola fondu dessus – tant d’années à croire que j’aimais le bleu alors que c’était de gorgonzola dont je me languissais…

Salades improvisées pour faire venir l'été

Rechigner à faire les courses rend inventif. Renouvellement côté salades composées, avec l’objectif que ce soit à la fois croquant et calant :

  • en haut à gauche : sarrasin grillé, chèvre, radis, câpres,
  • en bas à gauche : sarrasin grillé, feta, asperges, noisettes, huile de noisette,
  • en bas à droite : nouilles soba froides, soja, sésame, fèves et algues wakame,
  • en haut à droite : tartine de chèvre, poivrons et herbes de Provence sur pain Poilâne.

Si vous avez des mélanges favoris, je les veux bien en commentaire. Je ne me suis toujours pas remise du combo lentilles-pomme fruit de Melendili, que j’ai adopté après l’avoir découvert à l’un de ses pique-niques d’anniversaire.

Pain, pain, pain, pain

Sans levain mais avec levure boulangère et pain complet, je me suis lancée. Après plusieurs essais (dont un avec du lait ribot – le scone géant en bas à gauche), j’ai fini par me fixer sur un mix d’une recette de Mum et d’OwiOwi, avec moins de sel, moins de sucre, et surtout des graines de sésame et de lin pour faire un peu de texture et masquer le goût de la levure chimique. Je ne mettrai pas les boulangeries au chômage technique, mais ça a bien rempli son office de support à fromage et de truc non sucré à grignoter pour achever de se caler après un repas trop léger.

Corpus de confinement

Ce corpus de confinement ne rassemble pas mes grignotages culturels du moment. Ce sont des textes et des scènes qui me reviennent avec insistance en ce moment, surgissant parfois de loin pour reprendre à leur compte une partie de ce qui se vit et s’éclaire ainsi d’échos plus connus. J’ai eu envie de les rassembler pour garder une trace de ces réminiscences hétéroclites. J’en ferai peut-être une mise à jour si d’autres passages me reviennent ou que je retrouve des extraits plus précis.

Simba sur le dos d'une autruche

Sans jamais dire où je vais,
Je veux faire ce qu’il me plaît !

Mood : Simba.
Attitude : remplir des attestations de déplacement.

Ce lion est une tête de mule.

…
Barney, à qui la serveuse passe une protection type bavoir pour manger.
How I met your mother, « The Lobster Crawl », S08E09
Dans cet épisode, Robin développe une obsession pour Barney parce que celui-ci a définitivement renoncé à lui courir après – tout comme, se découvrant allergique au homard, elle s’était rendue malade à répétition en ne voulant plus que cela.

Soit Robin, une introvertie casanière ;
soit l’allergie, un confinement ;
le homard devient : l’extérieur et la sociabilité.

…

Je te caresse. Je t’appelle à la vie. De cette masse fraternelle que j’ai à peine vue dans mon éblouissement, je forme mon frère avec tous ses détails. Voilà qu j’ai fait la main de mon frère, avec son beau pouce si net. Voilà qu j’ai fait la poitrine de mon frère, et que je l’anime, et qu’elle se gonfle et expire, en donnant la vie à mon frère. Voilà qu je fais son oreille. Je te la fais petite, n’est-ce pas, ourlée, diaphane comme l’aile de la chauve-souris ?… Un dernier modelage, et l’oreille est finie. Je fais les deux semblables. Quelle réussite, ces oreilles ! t voilà que je fais la bouche de mon freèe, doucement sèche, et je la cloue toute palpitante sur son visage. Prends de moi ta vie, Oreste, et non de ta mère !
[…]
Elle se doute que nous sommes là, à nous créer nous-mêmes; à nous libérer d’elle. Elle se doute que ma caresse va t’entourer, te laver d’elle, te rendre orphelin d’elle… Ô mon frère, qui jamais pourra me donner le même bienfait ?

Électre, Giraudoux, acte I scène 8

N’avoir aucun contact physique d’aucune sorte pendant plusieurs semaines : j’aurais besoin qu’une main vienne réactualiser mes contours, me faire exister un peu plus nette.

…

Cet épisode […] m’apprit donc à regarder mes habitudes avec méfiance; non pour l’effet lénifiant qu’on leur prête d’ordinaire, mais au contraire, parce qu’elles suscitent leur propre antivenin, radical et imprévisible, à tel point qu’il n’existe plus à mes yeux de vraies habitudes.

Journal imaginaire de Raveline, « Sevrage« 

Je ne sais pas si j’ai envie de reprendre ma vie normale ou, au contraire, de la faire partir dans un sens qui ne me ressemble pas.

…
[Un extrait de L’Espoir que je n’ai pas retrouvé dans mon Folio annoté, que j’ai peut-être inventé, parce que c’est une image qui me reste : celle d’une place avant ou après les combats, rendue irréelle par le soleil et les pigeons.]

Le plus étrange, dans une situation anormale, c’est tout ce qui reste obstinément normal.

…

Le livre est resté chez ma mère et je ne retrouve pas l’extrait en ligne, mais intervenait dans Artemis Fowl une « bio-bomb », capable de tuer tous les êtres vivants sans endommager le moindre bâtiment : c’est l’impression que m’ont faites les rues vides dans les premières semaines du confinement. (Maintenant c’est un week-end du 15 août qui n’en finit plus.)

…

Vivre, il n’y a là aucun bonheur. Vivre : porter de par le monde son moi douloureux. Mais être, être est bonheur. Être : se transformer en fontaine, vasque de pierre dans laquelle l’univers descend comme une pluie tiède.

L’Immortalité, Kundera

J’y repense souvent, quand la joie reflue et semble soudain une succession de tâches infinie. Et aussi quand je suis juste contente de sentir l’air sur mon visage et voir les arbres frémir en buvant ma tisane à la fenêtre.