Malgré toute cette peine, je suis encore heureux.
Stéphane, Le bonheur et la mort, nota-bene.org
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J’étais dans le camp de l’autoflagellation sur l’air de “Tu t’es raconté des histoires, pauvre sotte immature”. Jusqu’au jour où ma psychanalyste m’a dit que l’état amoureux ne résiste pas au fil du temps s’il n’y a pas de répondant, conscient ou inconscient de la part de l’autre […].
Kozlika en réponse à Sacrip’Anne, Paroles, paroles, paroles
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“the days are long, but the years are short”
En congé maternité, Yasmine parle de son rapport au temps, « très rythmé » et « très fragmenté », qui fait qu’elle a « à la fois trop de temps (parfois je m’ennuie tout de même) et pas assez de temps pour faire tout ce que j’imagine ».
Yasmine, La vie dans un autre espace-temps,
Sundays are made for tea & crumpets
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Et je lui oppose une force que je n’ai pas, pour trouver encore à sourire, dans ce boulot qui m’épuise.
H., Vendredi 30 janvier, Prof en scène
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Je note le matin les tips de la journée en vrac, aussi bien les courses, aller à la poste, produit vaisselle, que les idées à creuser […]. Hier, parce que j’avais huit ans, j’ai noté « me faire plaisir », et le soir, en relisant cette liste pour voir si j’avais oublié quelque chose, j’ai encore eu huit ans, j’étais heureuse d’avoir écrit « me faire plaisir », parce que j’en avais eu l’idée, et rien que la noter avait donné à la journée une texture différente, un peu plus sereine et contemplative.
Généralement, j’ai cinq plutôt que huit ans. Mais peut-être devrais-je avoir huit ans pour écrire « me faire plaisir » sur ma to-do list microsoftienne, quatre carrés combinant les options possibles entre important et/mais pas/nini urgent.
Je n’éprouve pas le plaisir d’écrire, mais je ressens l’inconfort de ne pas réussir à écrire, comme une mauvaise digestion […]. Ça passe si j’écris quelque chose.
Christine Jeanney, block note — photo accidentelle, Tentatives
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Nous nous connaissons depuis le cours préparatoire, soit plus de trente ans. Nous ne nous sommes jamais quittés, où que la vie nous ait envoyés l’un et l’autre. Nous avons des vies différentes, mais nous nous appelons tous les mois pour nous raconter des secrets. Le lien entre nous ne s’est jamais rompu, notre amitié d’enfants est devenue une amitié d’adultes, et plus le temps passe et plus c’est un de mes interlocuteurs préférés.
Julia Kerninon, L’amour parental, Sur le fil
Friendship goal.
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À son arrivée à Montparnasse, le train simple se raccorde à un autre train simple, et devient un train compliqué.
J’ai ri.
Chacun des desserts de la carte a un problème. À chaque fois on se dit ah ? L’un des problèmes est que le moelleux à la pistache est à l’émulsion de vin rouge, et que la mousse au chocolat est à l’huile d’olive.
J’ai souri : ça, je connais, et les items de la carte qui ont chacun un problème, et la mousse au chocolat à l’huile d’olive (mais celle de ma maman est bonne).
Guillaume Vissac, 151225, Fuir est une pulsion
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C’est peut-être ce que je préfère dans la fabrication, sa procédure, le fait que ça se développe / dévoile au fur et à mesure, qu’il y ait une tension entre ce qui est prévu, projeté, et ce qui est réalisé. Parce que ça devient autre chose. C’est vraiment éjecté de soi, différent de soi.
[…] Très souvent, ce que je fais ne ressemble pas à ce que j’avais prévu, mais si c’est le cas, si ce que j’avais prévu et ce que je fais correspondent, je m’ennuie, et j’oublie ce que j’ai fait, qui se retrouve égal à rien.
Christine Jeanney, block note — consuls, Tentatives
Ça doit être génial de se réjouir de la tension entre ce qui est prévu et ce qui est réalisé, plutôt que de se crisper.
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Dans l’idéal, je voudrais rester stoïque, ne pas dépendre des réactions extérieures, positives ou négatives. Dans la réalité, je sens bien depuis ce message à quel point quelques mots peuvent redonner énergie et confiance.
[…] rester concentrée et avancer coûte que coûte.
Et ça coûte.
Anne Savelli, Âme d’héroïne, Fenêtres Open Space
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Il a raison, je passe un temps considérable à découvrir ce que je sais.
(au sens de savoir déjà)
Christine Jeanney, block note — bannière, Tentatives
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[…] il me faut apprendre à vivre avec ce manque de lui.
Accepter (?), Ma vie sans lui
Pas sans lui, avec le manque de.
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[…] le boomerang de l’enfance qui revient sans cesse, les choses qu’on met des années à comprendre, ou qu’on comprend chaque fois différemment […]
Julia Kerninon, Bleue comme la rivière, Sur le fil
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It seems like a very deep rabbit hole, this musical journey. I like that it may never have an end to it.
Winnie Lim, music, a deep rabbit hole
Just replace musical with balletic.
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[des jours] en suspens – qu’il faut vivre comme si tout allait normalement.
Sans les masques, le risque d’affaissement est trop grand.
Lastomsphérique, Bulletin des jours heureux #11, Accrocher la lumière
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Et pourtant à chaque étape de son parcours, il y a deux bouts de moi. La mère qui sera là. La femme qui se prend quelque chose dans la gueule.
[…] qu’il sache profondément pouvoir compter sur moi sans lui cacher non plus mon chemin (ni lui jeter à la gueule, hein) […]
Un très beau billet de Sacrip’Anne, Le sens de ma vie
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Comme toujours le premier, je pense à Proust: « Je venais de vivre le 1er janvier des hommes vieux qui diffèrent ce jour-là des jeunes, non parce qu’on ne leur donne plus d’étrennes, mais parce qu’ils ne croient plus au nouvel An.»
Alice du fromage, 1er janvier 2026
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Je sais pas c’est quoi la quête principale, je crois que je vais me concentrer sur les quêtes secondaires.
Meredith B., Side quest sur side quest, Ramblings of an adulescent
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La révélation de la mort annoncée du soleil a été la raison de ma première crise existentielle, vers 4 ou 5 ans.
Sacrip’Anne, Illusions, Sisters Cia
La même, vers 7 ans. Assortie d’une phase à focaliser sur l’astronomie (Pluton était encore une planète et j’avais un livre où une enfant plantait des spaghettis à la verticale dans une assiette tapissée de pâte à modeler pour comprendre quelque chose de la queue des comètes). L’espace, l’astronomie, c’était l’éclairage macro de concepts comme la fin (absolue, au-delà de la mort d’un individu), le rien, l’infini, la distortion du temps et de l’espace (les trous noirs, la perception décalée d’une étoile déjà disparue…). Un film de fin du monde prenant justement la mort du soleil comme point de départ m’avait bien glacée, à l’époque — ils avaient pris le parti de la naine blanche (délai narratif supérieur à la supernova ?).
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Je repasse les moments où on s’est embrassés en boucle alors que c’était y’a 48h, ils deviennent déjà abîmés comme si je rembobinais trop un VHS.
Et lui il me regarde avec ses yeux noirs et on dirait qu’il lit encore plus loin et ça me perturbe. C’est la première fois que quelqu’un qui me plaît m’explique comment iel me perçoit, ça m’est jamais arrivé avant.
Et au pire ça fera un peu mal. Et au mieux ça fera très mal, mais plus tard.
Meredith B., La tranche de la pièce, Ramblings of an adulescent
Si tu savais à quel point le commentaire de Kozlika sous mon billet est épiquement tombé à point, si tu savais ! (Merci, toujours, pour ta lecture attentive)