[…] j’ai l’impression que l’IA circule partout, parfois même dans les textes ou commentaires amis. Peut-être qu’elle révèle seulement la platitude de nos langues. […] Partout l’impression que le langage se vide.
Caroline Diaz, notre besoin de fictions, Les heures creuses
L’IA qui révèle la platitude de nos langues, c’est exactement ça. Des tournures prêtes-à-dire qui ne disent rien. Corporate, creuses ou ronflantes. Qu’elles soient écrites ou générées n’y change pas grand-chose (c’est probablement là la tristesse).
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Nous sommes tous complices et compromis. C’est le bon point de départ pour penser à ce que nous devons changer. Toute position de la vertu est vouée à l’échec. Il est impossible d’être vertueux dans le monde courant à moins d’être hors-système. […] La complicité est une arme beaucoup plus efficace dans la réforme des institutions. Je suis compromis donc je dois penser le changement pour l’être moins.
Karl, Mon cœur a bondi, Les carnets Web de La Grange
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Je crois que j’aime éprouver ce sentiment qui ressemble à celui de l’enfance devant les premières lettres, quand on ne sait pas encore les déchiffrer. Savoir qu’il y a du sens, caché mais pas inaccessible […].
Christine Jeanney, block note — oiseaux, Tentatives
Apprendre à lire, à déchiffrer tout du moins, la musique, le braille, l’alphabet cyrillique, les kanjis, la langue des signes (française). Ou les brouillons de structures littéraires qui illustrent l’article d’origine, comme des infographies sans légende.
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Walking the narrow path between the forest’s tall evergreen trees felt like entering a European cathedral with a towering vaulted ceiling. […] You feel small and big all at once.
Trouvé chez Karl
At once, minuscule comme individu, immense comme partie du tout qui ne s’en détache plus, se confond avec.
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(ça devrait me permettre de mettre de côté et définitivement la question de ma légitimité à traduire, moi qui n’ai fait aucune étude en ce sens, quand trois traductions qu’on peut qualifier de professionnelles, ou de références, font ce raté)
J’avais oublié que je m’étais libérée ce jour-là de l’item légitimité. Peut-être parce que c’était sur le moment.
Purée, c’est tellement ça, la légitimité qui se trouve et s’oublie l’instant passé…
À qui ou quoi on donne de la légitimité. Qu’est-ce qui fait que trois professionnels reconnus acceptent de traduire par « champs d’oreilles » sans reconsidérer cette sorte d’absurdité, parce que c’est VW, qu’elle est grande, qu’elle a toujours raison, et que si elle veut mettre des oreilles flottantes sur des tiges dans des champs, sa licence poétique, son statut le lui permettent. Sauf que ce n’est pas ce qu’elle fait. À quel moment on s’incline, à quel moment on essaye de comprendre sans l’entrave du légitime, du statut, de la statue.
Christine Jeanney, block note — écoute, Tentatives
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Dans un « petit aparté » à déplier, Dame Ambre raconte une histoire de mains qui se rencontrent et c’est <3
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Just like a muscle gradually losing its strength without training, our brains gradually loses its ability to be in a unstimulated state if we are constantly gratifying it with stimuli.
What the phone does is to manufacture frustration, a frustration that would not exist if we were not used to being quickly and easily gratified.
Sometimes I think life is just a lifelong journey of being able to convince our selves to go in the direction we actually want to go versus simply going along with our desires and impulses.
Winnie Lim, a different dimension of gratification
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Je ne les imagine pas comme si leur histoire avait continué, comme ils seraient maintenant, mais figés dans l’un ou l’autre des états dans lequel je les ai connus.
Sacrip’Anne, Les absents avec qui je vis, Sisters Cia
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Il nous manque cette proximité géographique qui permet d’éclater une pizza sur les marches de la BNF, pour le simple plaisir de se salir les doigts ensemble. De discuter de projets qui n’iront nul part, de créer un plan de livre dans un studio enfumés, ou de discuter en terrasse d’un projet de podcast. Rien n’avance vraiment, mais on en parle et c’est stimulant. On est ensemble et c’est le principal non ?
Orcwran, Chers eux, Carnets d’un passeur
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La transmission est toujours une chose étrange. […] Il ne s’agit pas de discours, mais de la ré-interprétation d’un geste à chaque génération. Certaines choses survivent plusieurs générations. Certaines s’estompent dans leur déformation ou dans leur oubli. On ne sait jamais ce que l’on va transmettre, ni ce que l’on va éviter de passer.
Karl, transmettre, Les carnets Web de La Grange
La dernière phrase, je la constate déjà dans ma deuxième année d’enseignement de la danse. Les élèves s’amusent à reprendre en cours une passe en duo, pour moi anecdotique, d’une chorégraphie de l’année dernière, et ouvrent leur couronne avec la même impulsion que j’y mets presque toujours sans y penser…
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J’aime beaucoup le fait que ce soit à la fois à moi et pas à moi. Que ça m’appartienne un peu comme un coucher de soleil ou une fleur de passiflore déterminée, ouverte un 24 décembre.
Christine Jeanney, block note — marginalia, Tentatives
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Je n’ai pas un article à citer en particulier, mais j’ai aimé suivre l’Avent d’Étienne-Orcrawn, sage-femme auteur du blog Carnets d’un passeur.
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[…] avoir la nostalgie de ce qui n’a pas été est mystérieux.
Christine Jeanney, block note — shine on your shoes, Tentatives
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Sorte de retour au réel après des moments aspirateurs […]
Christine Jeanney, block note — merles, Tentatives
Aspirateur, le moment des fêtes.







