Budapest, approche gourmande

 

Infographie gâteaux hongrois

 

Last but not least : le miam, messieurs dames. Peut-on goûter une ville sans goûter ses spécialités ?

Je m’attendais à une nourriture très roborative, mais le bobo a manifestement fait son œuvre (visible dans les nombreux coffee shops design de la ville) et j’ai déniché dès le premier soir un restaurant qui proposait du poisson au quinoa. La viande ne me dit plus rien depuis des mois, aussi n’ai-je pas goûté le goulasch. Je veux bien croire pourtant que les Hongrois s’illustrent dans la catégorie des plats flottants, car j’ai mangé la meilleure soupe au potiron de ma vie – enfin pas une soupe : un consommé de potiron, parfumé d’herbes, avec un filet d’huile d’olive, un soupçon de paprika et des pignons de pins en guise de croûtons. J’aurais volontiers échangé le plat qui suivait avec le reste de la marmite !

Voilà pour le salé : ma découverte gustative de la ville est essentiellement passée par le sucré… étrangement peu riche en sucre. En témoigne cette étonnante coupe glacée à la butternut et aux graines de courge, qui a fait un excellent dîner :

 

 

Les pâtisseries qui, de visu, m’ont rappelé les Nuss-et-autres-torte berlinoises, se sont révélée en bouche beaucoup moins crémeuses que leurs homologues allemandes. La Dobos torte (ou torta, en hongrois) serait même plutôt légère… et partant, un peu insipide, il faut bien l’avouer.

 

 

Cette déconvenue-découverte a réveillée ma curiosité pour le krémes, gâteau de crème vanille dont les photos dans le guide me dégoûtaient pourtant vaguement. Alléchée par la crème de marron que le Duna Park y a ajouté dans une version surplombée de chantilly plutôt que de pâtes feuilletée, j’ai tenté. Surprise : la crème de marron n’est vraiment, vraiment pas terrible, mais la crème vanille est incroyablement légère, presque une mousse ; cela s’avale comme un rien. C’est-à-dire si l’on n’a pas déjà mangé d’autres pâtisseries. Après la moitié de Dobos torte et de flödni, finir le krémes me fait sentir tel le sumo accomplissant sa tâche sacrée. J’ai tout avalé et me suis beaucoup amusée de ce cube bloblotant, un vrai gâteau de dessin animé.

 

 

(Après mûre réflexion, je pense qu’il s’agissait davantage d’un bouing-bouing que d’un douing-douing. J’attends confirmation de Klari, doublement qualifiée en la matière de spécialiste onomatopéique ET hongroise.)

 

Tout cela est bien et beau, mais dans cette orgie de trois pâtisseries au Duna Park, le gâteau qui a remporté tous nos suffrages (Mum et moi, je ne parle pas encore au nous de majesté) est le flödni, pâtisserie juive hongroise si j’ai bien compris. Contrairement à la très chic Dobos torte, les couches ne sont pas là pour en mettre plein la vue : c’est plein de saveurs différentes pour les papilles… et bien étouffe-chrétien comme j’aime. Nous en avons re-goûté chez Fröhlich : la couche de noix manquait un peu de texture, mais celle de pavot était plus fine et moins brique-qui-vous-tombe-dans-l’estomac. J’ai en effet découvert que le pavot, spécialité locale comme la cannelle peut l’être aux États-Unis, n’est pas de tout repos digestif (je comprends mieux pourquoi le sandwich gruyère-crudité de la boulangerie près du boulot me cale si bien ; moins pour la garniture, paradoxalement, que pour les graines sur le pain).

 

 

Pavot aussi pour mon premier rétes, que l’on rencontre en anglais sous le nom de strudel mais qui diffère de son homonyme viennois : non seulement il peut être fourré à bien d’autres choses qu’à la pomme (pavot, noix, abricot, griottes, griotte-pavot, cottage cheese, cottage cheese-abricot…), mais la pâte est beaucoup plus fine. La guide de Buda nous expliquait que cette finesse est longue à obtenir – tant et si bien qu’en hongrois, pour dire que quelque chose prend du temps, on dit que c’est long comme un strudel.

 

 

Bis repetita placent. Nous avons racheté des rétes au grand marche des halles. Le pomme-cannelle était bon, ainsi que l’on pouvait s’y attendre, mais le cottage-cheese-abricot, ça alors, j’ai mordu dedans et je me suis retrouvée à Sanary, sur le port à l’époque des chichis. Le mélange huile-fleur-d’oranger-en-petite-quantité m’a transportée avant même que j’ai pu l’identifier.

 

 

Pour finir ce marathon gustatif, il fallait goûter au chimney cake (en anglais pour le plaisir Mary Poppins associé), déniché dans un chalet forain sur le toit de Budapest (le mont Géllert, avec la statue de la libération). C’est croustillant à l’intérieur, moelleux à l’intérieur…

 

 

… et encore une fois, très ludique.

 

 

Vous voyez mieux Budapest ?

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