Contrairement à lui, je prends très peu de notes, voire aucune, je prends très peu de photos, je vis et travaille avec l’oubli ou depuis lui en quelque sorte, ce qui n’est pas une mince affaire, ou bien si justement. Je pense que cette manière d’écrire correspond assez bien à notre époque qui nous enjoint de tout garder et de tout perdre dans un même mouvement.
L’éternité comme un jeu de taquin, Sophie Coiffier,
citation trouvée chez Karl
Est-ce qu’on s’empêche l’oubli en prenant quantité de notes ou est-ce qu’on le fait advenir par les réécritures ?
Le livre n’est pas à la médiathèque, j’aurais été curieuse.

We can have a lot of time, but there may not be the same opportunities. […] I realise as I age that I am slowly losing the will to do the things I used to love doing. There is just less energy, mentally and physically.
Winnie Lim, first impressions of shanghai
Allez voir ses photos de la ville.

Je suis fatigué au sens propre et au sens figuré.
Guillaume Vissac, 140326, Fuir est une pulsion

Simples mais efficaces : les dessins de Winnie Lim on learning the piano with baby steps.


Upon some deeper contemplation perhaps these days I like playing the piano not particularly because I like playing music, but rather the sense of progress of a very unfamiliar spectrum of skills.
C’est une des raisons pour lesquelles j’aimerais apprendre à jouer du violoncelle. Ce n’est pas mon domaine, je ne suis pas musicienne pour un sous, et j’aimerais voir ce que donne l’apprentissage dans un champ où je n’ai pas d’attentes — des envies, oui, mais mon présupposé de base, c’est que je ne serai pas très douée, ce qui aiderait je pense à ancrer l’apprentissage pour le plaisir. Est-ce que j’arriverais à jouer sans enjeu ?
It is as though my entire existence consists only of thoughts and words (and in my opinion this is a recipe for depression, at least for me).
Déjà ressenti dans des périodes où je dansais peu.
People don’t realise how much emotional regulation influences learning progress.[…] We need emotional regulation skills to endure frustration etc.
Tellement vrai. Je m’en rends compte avec mes élèves… et pendant mes cours de stretching postural.

Je lui disais que parfois, en lisant un roman, je touchais du bout des doigts cette idée fugace que le temps n’était peut-être pas si linéaire. Que la mort n’était peut-être pas si terrible. Que la littérature, que cette vie passée dans les livres et les films et les fictions ouvrait une brèche, la possibilité d’un temps circulaire qui revient sans cesse sur lui-même.
Et il y avait dans cette narration qui revient sans cesse en arrière comme une possibilité d’échapper au temps.
Le temps est comme un burrito affirme Richard et tu peux le remplir avec ce que tu veux : des souvenirs, des expériences, de la trigonométrie.
Après avoir parlé à Jakuta Alikavazovic du temps flèche et de la peur de mourir et des fictions qui nous réconcilient avec l’idée de notre propre finitude (j’ai admis que cette consolation ne durait jamais plus d’une minute), j’ai rejoint l’un de mes amis.
(Cette parenthèse.)
Je disais — le capitalisme rajoute de la vélocité à la flèche empoisonnée du temps.
Dans le métro du retour, je réfléchissais au fait que l’amitié […] avait le pouvoir de tordre un peu le temps et que j’avais été éblouie et réconfortée par le fait que nous étions tous les deux aussi, sur ce trottoir, un peu de celleux que nous avions été, avant.
Pauline Le Gall, You see, I think that time is like a burrito, Tailspin

des phrases énigmatiques de pythie sous psychotropes
Christine Jeanney, armature, block-note

On se mettait à aimer le monde quand on parlait avec toi.
Mari Kleber, Un autre aurevoir, Accrocher la lumière

Il est nécessaire que certaines phrases ayant besoin de précision et de justesse soient suffisamment difficiles pour ralentir la lecture, permettant à un sens non trivial d’émerger, ce qu’une pensée trop rapide ne permettrait pas.
Joachim Séné, Phrases, Journal éclaté
Comme la psy qui pose des questions auxquelles nulle de nous d’eux n’a besoin de réponse, simplement pour ralentir et entendre (la question à trouver).

Franchement, qu’une merde soit produite par une IA ou un humain, c’est du pareil au même. Il existe de la bouffe bio dégueulasse.
Thierry Crouzet, Contre l’industrialisation de la littérature

Aimons-nous, je crois que c’est ce que nous avons de plus sensé à faire.
Point final, Journal de deuil

J’ai passé quelques jours à Paris et je me suis dit que c’était un étrange processus de vieillir car je réfléchis désormais avec une certaine distance aux possibles qui se seront pas, mais sans tristesse, comme des fictions de moi semées un peu partout.
comme si elle l’invitait à prendre une image mentale de ce moment fugace
Pauline Le Gall,
Don’t throw the past away you might need it some rainy day, Spintail
Des fictions de moi semées un peu partout… c’est exactement ça quand je passe à Paris ou que j’aperçois les quais d’Ivry-sur-Seine depuis le TER.
