Si Beale Street pouvait parler…

… elle dirait que le dernier film de Barry Jenkins est moins chiant que Moonlight, qu’il est même très beau par moments mais qu’on finit quand même par s’ennuyer. La caméra filme les personnages avec un regard amoureux, mais les plans prolongés et le slow motion, qui nous font entrer dans l’intimité du couple, finissent par me fait sortir du film. Un beau gâchis de vie, narré avec intelligence pourtant : quand il n’y a plus d’issue possible, il est logique de se replier et s’attarder dans les souvenirs. Mais je préfère alors que le souvenir soit raconté en voix off par l’héroïne – ces passages sont toujours réussis, la parole apportant une distanciation à la lenteur, qui cesse d’être un présent qui ne passe pas, dans lequel on macère, pour devenir un souvenir qui prend du relief. Ou peut-être tout simplement préférerais-je la narration du roman de James Baldwin à son adaptation – qui ne m’a pas donné outre mesure envie de le lire.

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