Tous les mois, Winnie Lim célèbre sa relation avec sa partenaire et ces déclarations d’amour mensuelles / réflexions sur le couple sont chaque fois incroyables :
She tells me if she were me she would find it difficult to exist too. This is the most indicative of her love and understanding towards me among everything else she has said. The way she comprehends my existential distress: only possible because of the mind she has.
I tell her I am glad she is born around me, within the same timeline and the same 50 kilometre-wide country.
Just now during breakfast I asked again, if we imagined us to as two separate individuals we knew in different social circles, would we have thought of us to be possible as a couple? Definitely not. We wouldn’t even have made it as platonic friends.
[…] how there must be enough provocation so we continue to inspire the other, but not too much that it becomes an unbridgeable rift. […] Can a long-term relationship cope with all the changes and still remain thriving rather than coping?
We are not people who would compromise the integrity of our selves for the sake of the relationship. So there is a careful dance around each other, and we both innately want to push each other to places we’ve never been. There is a chance that one day she may take off, without me.
I think it is precisely this precariousness that makes us cherish our every day together, and it is this cherishing that makes the relationship thrive. Our relationship sustains, because we are both pessimists.
Winnie Lim because we are both pessimists
. lasse d’avoir besoin d’être rassurée comme une enfant abandonnée
. parfois je lis en une seule fois l’ouvrage que je tiens, parfois ce n’est pas possible, je ne corresponds plus à ce qu’il est. Je peux mettre des jours, des mois avant de pouvoir redevenir la personne qu’il faut à ce livre
. est-ce qu’elle est morte parce qu’elle avait compris qu’elle ne m’aimait pas
aucun sens elle n’aurait jamais su regarder en face, les mots oui . réessaye
est-ce qu’elle est morte parce qu’elle avait compris que je ne reviendrais pas
(l’emprise à la place de l’amour)
. si on écrivait une liste des personnes qui nous ont abandonné en chemin et une de celles que nous avons nous même abandonnées, laquelle serait la plus grande ?
Phrases perdues — février chez Dame Ambre
Les points qui arriment les phrases plutôt qu’elles ne les closent. Ces phrases ne seront pas perdues pour tout le monde.
Des entrées de journal très émouvantes chez Dame Ambre (naissance, vieillesse, maladie) :
Elle est née toute noire. Tellement noire, j’ai eu deux réactions simultanées. J’ai visionné l’intégralité de mon arbre généalogique c’est à dire jusqu’en 1300 et quelques à me demander quel était l’ancêtre qui n’était pas blanc et je n’ai rien vu dans cet arbre qui pouvait expliquer ça, cette couleur, cette enfant noire magnifique, ce n’était pas grave, on chercherait à comprendre plus tard, et je me suis demandé, aussi, alors que je regardais cet arbre gigantesque, si elle allait bien. J’ai eu le bon sens, et ce n’était pas gagné avec toutes ces hormones et la peur de mourir encore imprimée dans tout le corps, de poser cette question-là, est-ce qu’elle va bien et pas est-ce qu’elle est noire, je l’ai demandé à voix haute un peu par hasard, ça avait l’air d’aller parfaitement bien.
La vitesse à laquelle on perd notre libre-arbitre en vieillissant.
Est-ce qu’on peut.
Est-ce qu’on peut vouloir que la vie s’arrête, est-ce qu’on peut demander un mur et la souffrance étalée explosée comme une œuvre d’art, et puis est-ce qu’on peut, je ne sais pas, massacrer le mur à coup de couteau égaré sous un marteau et qu’il n’en reste rien.
Dame Ambre
Journal de février, 21 à 28 – Une pagaille, un mur et un projet
J’extirpe les mots au compte-goutte […] J’ai essayé d’écrire sur d’autres supports, je n’y arrive pas. Je me disperse, sème des bribes numériques, papiers un peu partout.
Le blog est la forme d’écriture qui me convient le mieux. À la fois introspection et possible ouverture vers autrui.
Écrire et photographier répondent au même besoin chez moi de « faire survivre quelque chose ».
Reprendre, Bribes de réel
She’s back. <3
J’ai aimé aussi les citations en exergue tirées d’Elvis à la radio de Sabine Huynh :
[…] ne pas écrire serait bien pire, et cela, vous le savez tout au fond de vous : écrire tire vers le haut, comme le tiramisu remonte littéralement le moral, croyez-moi […]L’écriture nous permet cela, de prendre conscience des choses, ainsi que de relier, remembrer […]
What we miss—what we lose and what we mourn—isn’t it this that makes us who, deep down, we truly are. To say nothing of what we wanted in life but never got to have.
The Friend, Sigrid Nunez
cité dans la newsletter de Marion Olharan Lagan
L’abus de lecture est-il dangereux pour la santé ?
L’indentation des citations risque de devenir compliquée ici, alors je casse le truc pour retrouver la cohérence.
Winnie Lim :
Nobody says we have to be good at everything we do
Un commentaire en réponse sur hackernews :
« This is advice I have to push on my kids constantly, because they are obsessed with finding that one thing they are better than everyone else in the world.
[…] Her words (from Malayalam) are best translated as “For whom a little is not enough, nothing is ever enough”.» […]
Winnie Lim :
I guess I really like the part of the internet where we throw something out in the wild, and sometimes we get back something else totally unexpected. And I got to learn from people’s life experiences in return.
Winnie Lim on the front page of hackernews
Se tenir en équilibre sur un trapèze : Marie Le Conte se sert de cette figure comme d’une métaphore pour parler ensuite de tout autre chose, mais j’ai aimé retrouver dans le monde du cirque ce que je connais dans celui de la danse — l’équilibre comme mouvement constant.
The balance is partly about balance but, really, it’s about movement. While doing a front balance, the trapezist must activate as many muscles as they can, and they must pay constant attention to the position of their torso and their limbs. The reason why they stay there, perched on the bar, is that they keep subtly, barely moving their left hand, their right foot, their shoulders, their neck, their thighs, and so on.
A front balance looks like a passive move, but it’s anything but. It’s something that looks immobile but requires constant, conscious tweaking.
Westminster? I barely knew ‘er! The Young Vulgarian
Une chouette idée (chronophage) : un petit dessin chaque jour sur un planner mensuel.
Rien ne ressemble plus à sakura, si ce n’est l’emballage rose d’un déchet.
Rose, Les Carnets Web de La Grange
Je négocie avec moi ce qui est important et ce qui ne l’est pas.
[…] J’essaie de mettre ce qui m’a causé le bonheur à l’abri des doutes.
Sacrip’Anne, Les négos avec soi
But as I worked through this sketchbook I realised I was gradually getting more and more relaxed, instead of the frustration I usually feel whenever I try to do something I am not good at. […]
I am bad at it, that is why I keep doing it. As I keep doing it, I realise I like doing something I am bad at. I know I am bad at it, I don’t expect much out of it, so therein lies the freedom to do whatever I want, and that is such a freeing experience […].
Winnie Lim, Chiang Mai’s sketchbook
Ce n’est pas la première fois qu’elle en parle, ni la première fois que je le relève, mais vraiment ça me fascine. Je suis incapable de dessiner comme elle, sans m’attacher au résultat. Peut-être un domaine où je réussirais à ne pas avoir d’attente serait la musique — je suis tellement persuadée d’être une catastrophe à ce niveau que toute non-catastrophe serait une agréable surprise. Je garde dans un coin de ma tête l’idée d’apprendre à jouer du violoncelle (quand je serai un peu plus rodée à ma nouvelle vie prof de danse, quand j’oserai).
Dans le journal de février de Thierry Crouzet :
[…] quand je suis à Paris, c’est l’horizon que je cherche […]. J’ai besoin de voir loin pour me sentir vivre […]
J’ai rêvé d’une Vita Nova au début de ma carrière professionnelle et elle a commencé quand j’ai quitté la presse, peu avant mes 31 ans, et que je n’ai plus fait qu’écrire et n’en faire qu’à ma tête. Peut-on traverser plusieurs Vita Nova ?
Réaliser que j’y suis, dans ma Vita Nova, à lire et écrire en pleine journée avant d’aller donner mes cours de danse.
Cette photo de notes de Paul Klee prise par Karl m’a rappelé l’ouvrage mi-écrit mi-dessiné que j’ai un jour projeté, où de semblables lignes décriraient le trajet des conversations à la Tristam Shandy avec mon amie M. Parfois, je me dis que je devrais arrêter d’écrire ici pour écrire le reste (il est probable que je n’écrirais plus du tout).
Nous tous, adultes, meules contre lesquels ils [les enfants] usent les angles pointus de leurs affects.
Pour la première fois de ma vie il m’est arrivé d’arrêter de lire parce que j’avais assez lu – et non pas parce que je tombais de sommeil ou avais ci ou ça à faire -.
Les cinq ans du premier confinement sur Traces et Trajets
tout le monde fait la liste des grandes ambitions touristiques pour le séjour qui passera si vite, fatalement
et moi, je ne pense qu’à aller manger une poutine à côte-vertu comme dans mon enfance
je ne pense qu’à retourner dans mon enfance
les ambitions sur Rêver peut-être
« Essaye pas de jouer l’accord suivant. Pense d’abord au chemin que vont faire tes doigts. »
C’était le conseil le plus simple du monde. Et j’ai failli chialer à quel point ça a fonctionné.
Thierry Crouzet s’est lancé dans une série de notes de blog fort amusante : à partir de l’écran d’accueil d’un smartphone, il esquisse le « portrait imaginaire » de son propriétaire, puis confronte cet exercice de « divination » au témoignage de l’intéressé. Dis-moi quelles sont tes applis et comment tu les ranges, et je te dirai qui tu es. Déjà un, deux , trois…
La photographie est un bel herbier nous permettant de retracer les parcours et déterrer les racines de moments bien enfouis. La photographie est une malédiction qui nous ancre dans l’image d’un lieu particulier éblouissant les images fébriles de la périphérie qui ne réside que dans une mémoire lointaine. Constamment, je passe de l’un à l’autre entre enfouissement et éblouissement.
Reviens rester ici, Les Carnets Web de La Grange
Souvent la photographie d’un détail me restitue l’ensemble mieux que ne saurait le faire justement une vue d’ensemble. Elle constitue un point d’entrée, une ancre mémorielle. Mais la sélection que je fais pour le blog façonne la mémoire que je développe (élague ? cristallise ?) d’un lieu ou d’un voyage ; si je fouille mes archives complètes, avec les photos moins réussies, je m’étonne de pans entiers semi-oubliés. Alors quid des instants et des lieux entre ou juste à côté ?