La passion selon Mathilde

Après être passivement restée regarder ce que regardait le boyfriend pour faire passer l’après-midi de canicule, j’ai un éclair de lucidité : je peux choisir ce qui défile sur mon écran. Dont acte : le dernier documentaire sur Mathilde Froustey, La Passion selon Mathilde, disponible sur France.tv.

À force d’interview, de podcasts, d’Instagram et de balletomanie, l’étoile est un peu devenue un personnage de série, quelqu’un dont on suit la vie et pas seulement la carrière (de l’Opéra de Paris au San Francisco Ballet, avec retour en France au ballet de Bordeaux, pour les non-balletomanes qui traîneraient par ici). Je sais donc sans l’avoir cherché que son père est maire de Vieux-Boucau, que son fils s’appelle Claude, comme sa grand-mère à elle, ou encore que le père de l’enfant est un chef étoilé au bras tatoué. Bref, je connais l’héroïne et les personnages secondaires, aussi bien que l’on peut méconnaître toute relation para-sociale et, visionnant ce documentaire, j’interprète, devine et vis avec Mathilde, ce personnage public dérivé de Mathilde Froustey.

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Je tique une première fois quand elle se rassure sur son choix de quitter San Francisco pour Bordeaux, où elle se blesse sitôt arrivée, en se rappelant qu’ainsi son fils va grandir auprès de ses grands-parents et de son arrière-grand-mère. Des grands-parents peuvent être aussi important qu’un père, mais il est étrange que ce dernier, resté en Californie, soit alors omis — il ne reviendra que plus tard, dans une autre équation, qui met en balance sa carrière à elle et sa carrière à lui. Elle aurait aimé se dire qu’elle danse déjà depuis vingt ans, que son fils est plus important et que trois ans ne changent plus grand-chose, qu’elle peut s’arrêter, mais le conditionnel passé. Justement, trois ans seulement, faire que chaque moment compte.

Plus tard, on la voit de retour au Palais Garnier, de retour ou en visite, faudrait-il dire, car elle n’y danse pas, traverse le plateau en tenue de ville et talons après avoir demandé aux techniciens en train de bosser si ça ne les dérangeait pas. Caméra proche, le conditionnel passé refait surface. C’est ici qu’elle aurait aimé réussir. Elle parle des concours de promotion qui la rendaient malade à l’avance et dépressive après, de l’absurdité de danser Kitri le lendemain alors que les filles promues, elle, étaient dans le corps de ballet. On pourrait penser que l’accès aux rôles compte davantage que la reconnaissance, mais c’est précisément là que ça blesse, l’absence de reconnaissance, d’appartenance — le groupe lui manque, même si elle en a souffert (parce que ?). À cet instant, ses dix ans de carrière d’étoile aux États-Unis ne comptent plus, ne peuvent à eux seuls panser la blessure de ne pas avoir été acceptée, reconnue, chez soi, d’avoir dû bâtir un chez elle dans un endroit qui ne l’était pas.

Retour au bercail, retour à l’enfance et à la vulnérabilité : quand elle était jeune, elle regardait les danseuses de quarante ans en se disant qu’elles étaient cuites et aujourd’hui qu’elle les atteint, ces quarante ans, elle craint de n’avoir pas changé d’avis, est-ce que c’est ce qu’elle est ? Il y a du deuil à faire, celui qui vient ravivant celui du passé, compensé mais pas pansé. Soirées de gala, premières, mécénat, organisation d’événements artistiques, mariage avec un chef étoilé… la réussite glamour s’annule dans l’ici et maintenant, l’ici et naguère. Ce n’est peut-être pas tant son fils qui avait besoin de sa famille qu’elle — et c’est tout aussi valable, vouloir être entourée des siens. Est-ce totalement un hasard si cette femme (plus femme que je ne le serai jamais, et pas seulement parce qu’elle est mère) m’a toujours fait en même temps l’impression d’être une enfant ? L’arrogance de l’enfance d’abord, son égocentrisme admirable et agaçant, et maintenant, sa vulnérabilité.


Ce n’est que dans la nuit suivante, réveillée par les protestations du chat, que le lien se fait soudain avec la blessure du genou : les ligaments croisés avaient assourdis la résonance chère aux psy du je et du nous.


Des choses qui ne se disent pas et qui jouent peut-être : est-elle partie du San Francisco Ballet de son plein gré ? Danser dans le premier ballet d’une triple bill pour être à huit heures et demie auprès de son fils semble une excellente manière d’équilibrer vie professionnelle et vie de famille, mais je ne suis pas certaine qu’à terme cela plaise beaucoup dans le milieu de la danse… De mémoire de podcast, il me semble qu’on lui reprochait déjà un certain désinvestissement lors de son parcours de PMA.


Vers la fin du documentaire, quelque chose de la majesté d’autres étoiles, d’anciennes étoiles, se téléscope à la vision que j’avais d’elle — une majesté à la Elisabeth Platel. Les âges se confondent dans son visage quand elle raisonne ses regrets (partir, c’était mieux pour sa santé mentale) et plus encore quand, en expliquant le concept de vœu à son fils, elle se retrouve à dire qu’elle a déjà tout, pour son fils et peut-être pour elle, alors que les regrets la traversent manifestement, lui font un visage de femme méditerranéenne, tout à la fois splendide et vieux de mille ans.

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Même elle… si même elle a de tels regrets, de telles blessures (et je ne parle pas de ses ligaments croisés ou de ses pieds concassés)… je serais bien avisée de faire le deuil de cette vie de danseuse que je n’ai jamais eue, de cesser d’y attacher une valeur diminuée… On est peut-être bien mieux à apprécier au mieux ce que l’on aime faire, que l’on fait à notre mesure.

Je repense à cette réflexion d’Héloïse Bourdon, sûrement déformée par ma mémoire, qu’elle avait un jour cessé de se focaliser sur une nomination qui ne venait pas, qui la limitait, et avait retrouvé du plaisir, une plus grande liberté à jouer les rôles qu’on lui confiait. Et ce sont des mots, mais c’était aussi perceptible quand on la voyait en scène. Qui faut-il être pour atteindre cette sagesse sans résignation ?

Et je me revois avec mes élèves adultes, à distance du quasi-burn-out et du complet cancer, la joie qu’il peut y avoir à inventer ce qui est déjà là. Tout est déjà là, mais que de détours et de sourire vieux de mille ans pour y parvenir — si tant est qu’on parvienne jamais à s’y maintenir. Là est-il jamais ici ?

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Mathilde à la barre devant des fenêtres où l'on aperçoit une plage, la mer et un tractopelle
Avant le screenshot, je n’avais pas vu le tractopelle, l’image comme le corps en chantiers.

Parenthèse technique : ses gestes si libres et déliés ne le seraient-ils pas notamment en raison de ses bras sont souvent en arrière de la seconde ? (Le dos et le centre qu’il faut pour maintenir cela…)

Resilient Man

Resilient Man est un documentaire suivant Steven McRae, danseur étoile au Royal Ballet, après sa rupture du tendon d’Achille. Il est visible sur Arte.tv jusqu’au 30 août.

Tout le documentaire respire en vase clos. Il n’y a pas d’altérité, pas de question venue d’un interviewer — à la place, des discussions mises en scène comme si elles étaient captées in situ, où l’ascenseur n’est à peu près jamais renvoyé :  on ne saura rien sur la carrière de cet autre danseur, rien sur sa femme elle aussi danseuse, ex-danseuse, ah si ça déborde quand elle revient sur sa carrière, ses sourires d’excuse presque alors qu’on comprend en filigrane qu’elle a anticipé la fin de sa vie de danseuse pour avoir une vie de famille, ce qui compte pour lui semble ne pas compter quand c’est elle. Il la remercie, évidemment, sans elle jamais il n’aurait — mais c’est en public, comme pour faire valoir sa femme, il l’a bien choisie quand même.

Blessé, le danseur étoile se sent inutile, comme un quatrième enfant pour sa femme ; on soupçonne que la blessure ne fait qu’exacerber un trait déjà là. Tout reste très auto-centré. La douleur fait ça, c’est normal, en quelque sorte. Mais le documentaire ne fait rien pour en sortir, au contraire le redouble par l’hagiographie. Ces plans de lui, archi musclé et perdu sous la douche, les larmes métaphoriques…  Les moments de vulnérabilité sont rares en deçà de leur mise en scène.

Lorsque la caméra filme le danseur partageant un post sur les réseaux sociaux, elle ne nous montre pas les coulisses, double seulement le masque de la représentation. Le danseur a beau faire partie du Royal Ballet (londonien) et la réalisation du documentaire être française, il y a quelque chose de très américain dans toute cette mise en scène, dans l’immense verre de vin que les époux tiennent à la main en tête-à-tête sur leur canapé, dans la manière de se renvoyer les fleurs…

Ce que ce danseur fait est admirable, bien sûr, demande beaucoup de force, de résilience et tutti quanti, mais, ça me frappe, c’est aussi une négation de tout ce qu’il aura à affronter ensuite, par quoi d’autres autour de lui sont déjà passés et dont on ne saura rien… L’acceptation, le deuil, la manière dont on est contraint à réinventer la suite si on veut qu’il y en ait une… La manière dont la danseur s’arc-boute sur la technique, à vouloir toujours faire double là où il fait simple et triple là où il fait double, est compréhensible, personne ne veut faire l’expérience de se sentir diminué, mais dit aussi quelque chose de sa conception artistique (de son manque de ?). Évidemment que la technique maitrisée, superlative, donne un sentiment de liberté intense, évidemment qu’on veut continuer à se sentir grisé de sa propre puissance… mais la recherche de la justesse à travers la vulnérabilité, ça… Le dépassement constant de soi, de persévérance pour progresser, finit par être négation de toute faiblesse, vieillissement — santé même. Il y a quelque chose d’un Peter Pan capricieux qui ne veut pas vieillir, certes, mais même mûrir — que rien ne change surtout, que tout reste figé dans un mouvement parfait, la fuite parfaite… Pas certaine que l’athlète n’oblitère pas l’artiste.


Pour contrebalancer mon ressenti, vous pouvez lire cette interview de Steven McRae à propos du documentaire dans Pointe Magazine. Il y parle notamment de son désir de mettre en lumière le travail du staff médical et plus largement des équipes du Royal Ballet.

Peaux vives

Parfois, les autrices font les meilleurs blurbs, alors laissons Alice Renard faire le sien pour Peaux vives :

Voici un recueil de neuf portraits. Ce ne sont pas des portraits au sens florentin du terme, non, non. […] Voici des portraits au moment où la personnalité s’effondre. […] Quand l’identité se morcèle, s’échappe, je crois, d’entre les fissures, la plus pure énergie de l’existence. […] Venez, venez essayer ces neuf peaux qui luisent.

Comme une Peau d’homme, mais par l’autrice de La Colère et l’envie. On retrouve cette sensibilité assez incroyable pour une autrice aussi jeune… et cette collision discrète, par moment, avec une maturité qu’on sent projetée sans vécu — une absence d’étayage qui provoque une légère dissonance, comme un puer senex sur les genoux d’une Vierge plus jeune que les traits de son enfant. Dans le premier texte, cela prend la forme d’une condition paysanne à la dureté presque idéalisée… mais de cela même l’autrice a probablement conscience, puisque trois portraits plus loin, il y a un Gilles sous roche (place de l’Odéon, 2002) auquel elle fait dire :

Est-ce que j’idéalise ma vie de vagabond ? Sans doute pas, je l’espère.

Sans doute si. Beaucoup de beauté pourtant.

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Jeanne, Normandie, 1890

[…] j’ai aperçu la petite Marthe hier qui caressait la terre battue devant l’église, elle la caressait bien lentement, comme un petit animal soyeux. Avec l’âge, on perd l’habitude de ces choses-là, et par jalousie on gronde les enfants de les faire.

L’enfance (et la vieillesse), comme dans son premier roman.

Parfois, c’est tout le corps que je sens raide, le soir, le corps comme de la pierre aux articulations, quand on a fait les foins. La journée depuis l’aurore à porter les ballots, à manier la fourche, et le soir tout le corps, comme s’il nous reprochait d’avoir dépense trop de vie […].

(Ressenti similaire après avoir donné une journée de cours de danse.)

Tout bien jugé, je ne descendrai pas avec mes habits du dimanche. La beauté, je la passe à ma fille, je vais la lui abandonner ce matin, comme quelque chose qu’on lègue et qu’on ne récupère jamais.

Je crois en Dieu comme à l’orage, comme au printemps. Il me semble pourtant que ce Dieu que j’aime, il ne sait pas vraiment nous épargner la peine. […] il ne peut qu’une chose : nous aider à ce que ne meure pas la douceur en nous.

Pour nous, le plaisir n’a pas de sens. Pourtant, nous ne sommes pas pauvres de bonheur.

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Camille, Noirmoutier, 25 décembre 1998 au petit matin

[devant les femmes de la famille qui se maquillent] Lentement, elles se sont déguisées, quittant tout ce qu’elles étaient comme des peaux mortes, pour n’être que des femmes, revêtir leur masque de femme et rien d’autre.

J’ai halluciné devant cette force obscure qui allait un jour m’amener à ressembler à ces femmes, me faire pousser le corps comme elles, comme une maladie. […] la douleur de ne pas pouvoir rester dans le jardin avec mon corps d’enfant qui ne veut rien savoir, rien apprendre, rien grandir.

Rien savoir, rien apprendre, rien grandir… cette formidable liberté grammaticale.
Je me suis rappelée, avec ce texte, qu’enfant aussi, adolescente même peut-être, j’ai renâclé au devenir femme. Probablement que je cherche encore à m’en échapper, par l’enfance, par la fantaisie asexuée, souris, toon — quand d’autres (plus jeunes ?) attaquent frontalement (par) la (non-)binarité.

Je me suis toujours figurée que, vieille, je serais identique à aujourd’hui. Identique, juste agrandie. Partout les mêmes volumes, sans aucun changement.

Jusque-là […] je ne savais ni ce que l’on attendait de moi, ni ce que je désirais être. D’un coup, les deux m’apparaissent et ne coïncident pas.

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Robin, un château, quelque part en Cornouailles, 1292

[…] agrandissant méchamment l’espace autour de moi comme on retirerait son radeau au naufragé, le forçant à se baigner dans l’infini.

Si peur, au fond, d’être ensevelis par le monde

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Alexeï Alexandrovitch Petrovna, Un petit village à trente kilomètres de Saint-Pétersbourg, 1804

Je sors, la neige craque. C’est drôle, elle fait presque le même bruit que les braises — un craquement définitif, fragile mais sans pitié.

Dans l’espoir que chaque page qui s’efface soit autant de réalité qui me revienne.

Projetée par le feu, l’ombre de Bohumil Hrabal, d’Une trop bruyante solitude.

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Martin Jr, Monte-Carlo, principauté de Monaco, hiver 2010

C’est toute la beauté de la chose. Se faire croire qu’il n’y a aucune limite alors qu’on y travaille dix heures par jour.

This one hurts.

Oui, tout est dans cette dialectique du risque facile. Un coup on fait comme si l’effort de pesait rien, comme si naturellement nos corps savaient voler, se tordre […]. Et puis, l’instant d’après, tout se tait, la lumière se fait monochrome et Monsieur Loyal dit « l’exercice qui va suivre requiert une absolue concentration », et tous retiennent leur souffle, jusqu’au silence lui-même.

Il y a de cette dialectique dans le ballet, les moments de bravoure extraits du continuum tout aussi exigeant de grâce.

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Charles-André Gaspard, Nantes, 1972

J’empoigne les ciseaux et je coupe, je coups tous ces fils sur mes maquettes qui m’embarrassent, m’empoisonnent, tous ces fils mal placés, qui relient les coques et les mâts, qui relient ma vie à sa rigueur, qui font tenir mon chagrin en cade. Les fils de mon travail, les fils du France, les fils de mes années de logique, qui suturent mes yeux pour qu’ils ne sachent pas pleurer.

[…] pour que je devienne enfin un père après qu’il soit trop tard !

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Maria, Tunis, 1956

Mon visage est illisible. […] À la kasbah on me prend pour une Touareg, et sur la place Lafayette les dames me regardent comme une petite blanche qui se serait gâté le teint.

Je sais exactement ce que je ressentirai là-bas. Ce sera comme quand […] toute la terre est gorgée de la peur que jamais ne se termine la nuit.

Du côté des vivants

Du côté des vivants, c’est la vie encore là quand on a prédit sa fin, avec toute la douceur et la justesse de Violaine Bérot. Il y a le voisin de lit, un vieil Alphonse avec qui se noue une intimité éphémère, une patiente qui vient lui faire des grimaces, une médecin, des infirmières qui ne sont pas réduites à leur rôle, un meilleur ami et un ancien amour. L’amour romantique n’est pas ce qui prime ici, loin de là, et c’est pourtant dans le sillage de son souvenir que ça m’a le plus frappé, cet amour au-delà de l’amour.

Leur est-il arrivé de se serrer l’un contre l’autre avec autant d’émotion du temps où ils vivaient ensemble ?

Elle le trouve apaisé, c’est le mot qui lui vient, elle le lui dit, c’est incroyable comme tu sembles apaisé. C’est si peu lui, l’apaisement. Toute sa vie il a douté, et aujourd’hui, dans cette chambre 308 d’un petit hôpital, aujourd’hui il semble en paix et peut-être est-ce cela qui le rend aussi beau. Elle ne s’attendait absolument pas à cette beauté au bout de tant de jours de dégringolade. Il est lumineux, voilà le terme qui dit le mieux ce qu’est Greg aujourd’hui : lumineux. Quelque chose a changé en lui, elle le devine.

Il est si beau aujourd’hui, son amour de jeune femme. Elle l’embrasse encore. Elle ne peut plus s’arrêter de l’embrasser. Lui, ça le fait rire. Il ne devine pas qu’Inès est en train de lui dire adieu.

Et la fin avant la fin, une fin de film, zoom out :

Vu de loin, ça n’a l’air de rien.

Un petit hôpital. Une terrasse.

Il y a des gens. Ils fument, ils rient.

Ça n’a l’air de rien si l’on n’a pas lu ce qui précède, si l’on n’a pas rencontré ces gens qui fument et qui rient. Il faut l’avoir vu de près pour voir de loin.