Peaux vives

Parfois, les autrices font les meilleurs blurbs, alors laissons Alice Renard faire le sien pour Peaux vives :

Voici un recueil de neuf portraits. Ce ne sont pas des portraits au sens florentin du terme, non, non. […] Voici des portraits au moment où la personnalité s’effondre. […] Quand l’identité se morcèle, s’échappe, je crois, d’entre les fissures, la plus pure énergie de l’existence. […] Venez, venez essayer ces neuf peaux qui luisent.

Comme une Peau d’homme, mais par l’autrice de La Colère et l’envie. On retrouve cette sensibilité assez incroyable pour une autrice aussi jeune… et cette collision discrète, par moment, avec une maturité qu’on sent projetée sans vécu — une absence d’étayage qui provoque une légère dissonance, comme un puer senex sur les genoux d’une Vierge plus jeune que les traits de son enfant. Dans le premier texte, cela prend la forme d’une condition paysanne à la dureté presque idéalisée… mais de cela même l’autrice a probablement conscience, puisque trois portraits plus loin, il y a un Gilles sous roche (place de l’Odéon, 2002) auquel elle fait dire :

Est-ce que j’idéalise ma vie de vagabond ? Sans doute pas, je l’espère.

Sans doute si. Beaucoup de beauté pourtant.

…

Jeanne, Normandie, 1890

[…] j’ai aperçu la petite Marthe hier qui caressait la terre battue devant l’église, elle la caressait bien lentement, comme un petit animal soyeux. Avec l’âge, on perd l’habitude de ces choses-là, et par jalousie on gronde les enfants de les faire.

L’enfance (et la vieillesse), comme dans son premier roman.

Parfois, c’est tout le corps que je sens raide, le soir, le corps comme de la pierre aux articulations, quand on a fait les foins. La journée depuis l’aurore à porter les ballots, à manier la fourche, et le soir tout le corps, comme s’il nous reprochait d’avoir dépense trop de vie […].

(Ressenti similaire après avoir donné une journée de cours de danse.)

Tout bien jugé, je ne descendrai pas avec mes habits du dimanche. La beauté, je la passe à ma fille, je vais la lui abandonner ce matin, comme quelque chose qu’on lègue et qu’on ne récupère jamais.

Je crois en Dieu comme à l’orage, comme au printemps. Il me semble pourtant que ce Dieu que j’aime, il ne sait pas vraiment nous épargner la peine. […] il ne peut qu’une chose : nous aider à ce que ne meure pas la douceur en nous.

Pour nous, le plaisir n’a pas de sens. Pourtant, nous ne sommes pas pauvres de bonheur.

…

Camille, Noirmoutier, 25 décembre 1998 au petit matin

[devant les femmes de la famille qui se maquillent] Lentement, elles se sont déguisées, quittant tout ce qu’elles étaient comme des peaux mortes, pour n’être que des femmes, revêtir leur masque de femme et rien d’autre.

J’ai halluciné devant cette force obscure qui allait un jour m’amener à ressembler à ces femmes, me faire pousser le corps comme elles, comme une maladie. […] la douleur de ne pas pouvoir rester dans le jardin avec mon corps d’enfant qui ne veut rien savoir, rien apprendre, rien grandir.

Rien savoir, rien apprendre, rien grandir… cette formidable liberté grammaticale.
Je me suis rappelée, avec ce texte, qu’enfant aussi, adolescente même peut-être, j’ai renâclé au devenir femme. Probablement que je cherche encore à m’en échapper, par l’enfance, par la fantaisie asexuée, souris, toon — quand d’autres (plus jeunes ?) attaquent frontalement (par) la (non-)binarité.

Je me suis toujours figurée que, vieille, je serais identique à aujourd’hui. Identique, juste agrandie. Partout les mêmes volumes, sans aucun changement.

Jusque-là […] je ne savais ni ce que l’on attendait de moi, ni ce que je désirais être. D’un coup, les deux m’apparaissent et ne coïncident pas.

…

Robin, un château, quelque part en Cornouailles, 1292

[…] agrandissant méchamment l’espace autour de moi comme on retirerait son radeau au naufragé, le forçant à se baigner dans l’infini.

Si peur, au fond, d’être ensevelis par le monde

…

Alexeï Alexandrovitch Petrovna, Un petit village à trente kilomètres de Saint-Pétersbourg, 1804

Je sors, la neige craque. C’est drôle, elle fait presque le même bruit que les braises — un craquement définitif, fragile mais sans pitié.

Dans l’espoir que chaque page qui s’efface soit autant de réalité qui me revienne.

Projetée par le feu, l’ombre de Bohumil Hrabal, d’Une trop bruyante solitude.

…

Martin Jr, Monte-Carlo, principauté de Monaco, hiver 2010

C’est toute la beauté de la chose. Se faire croire qu’il n’y a aucune limite alors qu’on y travaille dix heures par jour.

This one hurts.

Oui, tout est dans cette dialectique du risque facile. Un coup on fait comme si l’effort de pesait rien, comme si naturellement nos corps savaient voler, se tordre […]. Et puis, l’instant d’après, tout se tait, la lumière se fait monochrome et Monsieur Loyal dit « l’exercice qui va suivre requiert une absolue concentration », et tous retiennent leur souffle, jusqu’au silence lui-même.

Il y a de cette dialectique dans le ballet, les moments de bravoure extraits du continuum tout aussi exigeant de grâce.

…

Charles-André Gaspard, Nantes, 1972

J’empoigne les ciseaux et je coupe, je coups tous ces fils sur mes maquettes qui m’embarrassent, m’empoisonnent, tous ces fils mal placés, qui relient les coques et les mâts, qui relient ma vie à sa rigueur, qui font tenir mon chagrin en cade. Les fils de mon travail, les fils du France, les fils de mes années de logique, qui suturent mes yeux pour qu’ils ne sachent pas pleurer.

[…] pour que je devienne enfin un père après qu’il soit trop tard !

…

Maria, Tunis, 1956

Mon visage est illisible. […] À la kasbah on me prend pour une Touareg, et sur la place Lafayette les dames me regardent comme une petite blanche qui se serait gâté le teint.

Je sais exactement ce que je ressentirai là-bas. Ce sera comme quand […] toute la terre est gorgée de la peur que jamais ne se termine la nuit.

Du côté des vivants

Du côté des vivants, c’est la vie encore là quand on a prédit sa fin, avec toute la douceur et la justesse de Violaine Bérot. Il y a le voisin de lit, un vieil Alphonse avec qui se noue une intimité éphémère, une patiente qui vient lui faire des grimaces, une médecin, des infirmières qui ne sont pas réduites à leur rôle, un meilleur ami et un ancien amour. L’amour romantique n’est pas ce qui prime ici, loin de là, et c’est pourtant dans le sillage de son souvenir que ça m’a le plus frappé, cet amour au-delà de l’amour.

Leur est-il arrivé de se serrer l’un contre l’autre avec autant d’émotion du temps où ils vivaient ensemble ?

Elle le trouve apaisé, c’est le mot qui lui vient, elle le lui dit, c’est incroyable comme tu sembles apaisé. C’est si peu lui, l’apaisement. Toute sa vie il a douté, et aujourd’hui, dans cette chambre 308 d’un petit hôpital, aujourd’hui il semble en paix et peut-être est-ce cela qui le rend aussi beau. Elle ne s’attendait absolument pas à cette beauté au bout de tant de jours de dégringolade. Il est lumineux, voilà le terme qui dit le mieux ce qu’est Greg aujourd’hui : lumineux. Quelque chose a changé en lui, elle le devine.

Il est si beau aujourd’hui, son amour de jeune femme. Elle l’embrasse encore. Elle ne peut plus s’arrêter de l’embrasser. Lui, ça le fait rire. Il ne devine pas qu’Inès est en train de lui dire adieu.

Et la fin avant la fin, une fin de film, zoom out :

Vu de loin, ça n’a l’air de rien.

Un petit hôpital. Une terrasse.

Il y a des gens. Ils fument, ils rient.

Ça n’a l’air de rien si l’on n’a pas lu ce qui précède, si l’on n’a pas rencontré ces gens qui fument et qui rient. Il faut l’avoir vu de près pour voir de loin.

La forêt barbelée

Qui est Gabrielle Filteau-Chiba ?
ferait sembler de demander une journaliste pour mieux y répondre
et n’y répondrait pas par ses mots à elle,
elle « une réfugiée de campagne
qui préfère à la ville
la forêt estuaire
ses caps secrets »

qui vit dans un « sanctuaire
de froid dur
et doux »

une cabane au Canada
dans laquelle elle a écrit Encabanée
un court roman sans lequel je n’aurai jamais lu sa poésie
pleine de nature invoquée
aux noms qui ne m’évoquent ni image ni définition
mais il y a quelque chose de dur
de doux, répète Cécile Coulon en préface

et me revoilà dans cette cabane de fiction
à ne pas trop savoir ce que je fais là
hébétée d’un froid, de conditions que je ne supporterais pas
est-ce la peur qui me cloue là
en automne, c’est la première section du recueil
où je cueille cueillette sauvage comme à mon habitude

je crie
pour ne pas qu’on entende
trembler ma voix


j’essaie de faire ma forte
en même temps
j’ai peur à l’infini


dites-moi
pourquoi la survie de l’espèce
ne prime-t-elle pas

éclairez-moi
pourquoi on se plie aux lobbys
si l’argent ne se mange pas

[…]

le crime doit être commis
on dédommage après coup
inondation d’argent liquide


une poussière s’élève
dans le vent frisquet
comme un air de Chopin
comme une odeur d’enfance

là tout de suite
je vois la fin du film
la poussière sur le chemin
musique générique de fin
voilà-t-il pas Chopin au fonds des bois
là ça me parle
indécrottable incrottée citadine


fantasme de caravanes
d’épopées sans soucis
de tisanes mi-figue mi-raisin

[…]

mes neiges éternelles
qui fondent de me revoir
ne m’attendront pas toujours

suis-je sur le bon rivage

[…]

j’aurai au moins des bouquets
de médecines douces et d’épices
à en combler le grenier
de mes doutes


je voudrais mettre en pots
des réserves de pluie
[…]

je pourrais mettre en mots
mon instinct de survie
et tout l’espoir
en moi


Puis vient l’hiver

pour réchauffer mon cachot je brûle
tout ce qui m’est désormais
inutile

mon corset mes diplômes
mes pancartes de manifs
mes brouillons trop noirs
mes cartons-destinations sur le pouce

et livre mes paumes impatientes
au grand dieu du soulagement


ici je crois me retrouver dans le jardin de Christian Bobin

la dernière baie qu’elle gobe
parmi les défenses cristallines
de l’églantier
m’éblouit

comme ses traces toutes fines
deltas de persévérance
boréale

deltas de persévérance
on les voit, là,
dans la neige
petites traces de pattes


la solitude est un art
pour le moins divinatoire
entre patience et révélations


à voir le sourire dans mes rides


je touche du bois
bois sa sève
et prie

prie d’avoir moi aussi
la force de résister

je touche du bois ou du contreplaqué
n’ai pas racheté de sirop d’érable


Puis vient le printemps et l’unique poème que je vole en entier

carpe diem

une femme
m’a lu les paumes

m’a avoué désolée
que mes lignes de vie
étaient bien courtes

je la remercie
chaque jour


j’ai su j’en suis fière
enfiler les hivers
gardant vivants en moi
d’invincibles soleils


suffit de savoir
guetter les formes de feuillages
les signatures dentelées

visibles pour qui veut voir

Google Image, shazam-moi le bon goût des jardiniers du parc Barbieux


je m’attendais à ce que les saisons passent
comme les pages
les unes après les autres
sans intrigue
quand soudain
un café partagé avec du sirop dedans
des violettes sur le pare-brise (une voiture ici ?)

l’homme-ville

on s’est regardés
San Francisco et moi

je lui ai avoué que j’étais certaine
comme la lune

pleine

plus grillée qu’un refus de champagne ou de sushis


j’aurai pour l’enfant
iris épargnés

épanouis

la fleur ou les yeux ou les deux


Puis vient l’été, neuf mois ellipsés
la chassé-croisé sans mois d’août de la naissance et de la grand-mère qui n’y assistera pas

suis tes marées
laisse ton chagrin monter

Au pieu

Au pieu
lu de deux traites sous la surcouette plaid

j’ai cru l’autrice auteur
Selim-a Atallah Chettaoui
ou son narrateur narratrice

je ne bois pas de café
mais j’ai relate-é
un peu pas trop heureusement
tenir
convulsions anhédoniques
comme plaisir de lecture

tout ce qui suit,
citations


les yeux irrités par les poils du chat qui est parfois là
les poils qui se collent aux draps sans jamais vouloir
disparaître et qui collent les yeux qu’il faut décoller à
coups de café
[…] les deux doubles qui font survivre au jour qui arriver
[…] le jour qui fait crever d’envie de macérer dans son marc
de crasse


et pourtant malgré tous les cafés
le corps roide reste
recroquevillé


le matin
tout va bien
normalement
à peu près
on peut encore espérer un peu

une belle journée s’offre à nous
carpe diem
serre ton bonheur
va vers ton risque
saisis le jour

Miracle Morning

réveil à six heures du matin


il est déjà l’heure de dormir
dormir tôt c’est important comme les gens lisses et
propres et beaux qui travaillent et qui participent au
PIB
si on dort tôt demain ça ira mieux nous aussi on
sera quelqu’un de lisse et de propre et de beau qui
dort tôt et qui participe au PIB


ça fait du bien de se laisser disparaître


jeu de scroll de story en story
[…] storytelling envahit tout
franglais envahit tout


toute la journée angoisses
[…] l’écoulement
cesse avec

binge watching
binge eating
binge scrolling

[…]

ça
tient
de moins en moins
binge eating binge watching binge scrolling
game over try again

ça
devient de plus en plus
le problème
binge eating binge watching binge scrolling
game over try again

ça
ferme de moins en moins
le gouffre
binge eating binge watching binge scrolling
game over try again

ça
ouvre de plus en plus
le gouffre


ça manque le temps d’antan
où l’on croyait devenue grand
quelque chose d’autre
d’ontologiquement différent
catégorisation radicale
le monde des adultes le monde des enfants

découvrir
pendant que le temps file s’effile que le fil s’effiloche
que c’est pareil
qu’il faut tenir
juste tenir

être adulte c’est ça
tenir
ne pas laisser tomber
ne pas se laisser tomber
tous les jours bras levés
vivace comme cyprès
contre les vents traîtres


on n’aura jamais le temps
de tout faire
de tout voir
de ne pas être un connard

Lectures 2025

Côté fiction & essais :

Janvier : Liv Maria de Julia Kerninon (2020) 💙💚 / La Femme aux mains qui parlent de Louise Mey (2024) / L’Appel des odeurs de Ryoko Sekiguchi (2024) / Les Ronces de Cécile Coulon / Bleuets de Maggie Nelson (2009) / Février : La Vie têtue de Juliette Rousseau (2022) / L’Animal céleste de Véra Pavlova (2004) / Fumées de Takuboku (1989) / Toucher la terre ferme de Julia Kerninon (2022) / Une activité respectable de Julia Kerninon (2017) / L’Analphabète d’Agota Kristof (2004) / Mars : Le Grand Cahier d’Agota Kristof (1986) 💛/ Tout ce qui nous était à venir de Jane Sautière (2024) / Nue, sous la lune de Violaine Bérot (2017) / Le Dernier Amour d’Attila Kiss de Julia Kerninon (2016) / Camille va aux anniversaires d’Isabelle Boissard (2024) / La Colère et l’Envie d’Alice Renard (2023) / La Preuve d’Agota Kristof (1988) / Fragments verticaux de Roberto Juarroz (1993) / L’empathie est politique de Samah Karaki (2024) / Avril : La Voyageuse de nuit de Laure Adler (2020) / De grandes dents, enquête sur un petit malentendu de Lucile Novat (2024) ❤️ / Chaos sur la toile de Kristín Marja Baldursdóttir (2007) 💛 / Mai : Veiller sur elle de Jean-Baptiste Andrea (2023) 💜 / L’Usage de la photo d’Annie Ernaux et Marc Marie (2005) / Marigold et Rose de Louise Glück (2022) / Encabanée de Gabrielle Filteau-Chiba (2018) / Faire famille, une philosophie du lien de Sophie Galabru (2023) / Nullipare de Jane Sautière (2008) / Érotiques, 69 poétesses de notre temps (2024) / Strega de Johane Lykke Holm (2022) / La Muraille de Chine de Christian Bobin (2019) / Juin : Une chambre à soi de Virginia Woolf (1929) / La Végétarienne de Han Kang (2007) / Laisse-moi te dire… de Margaret Atwood (2020) / Nos dernières fois, Défier la nostalgie de Sophie Galabru (2025) / Juillet : Le Troisième Mensonge d’Agota Kristof (1991) / Mémoires de Marius Petipa / Les femmes qui me détestent de Dorothy Allison (1983-1991, 2024) / Hier d’Agota Kristof (1995) / Créer des ballets au XXIe siècle de Laura Cappelle (2024) / Août : Poétiques et politiques du répertoire, Les Danses d’après I d’Isabelle Launay 💛 / Septembre : Résister à la culpabilisation de Mona Chollet / La Tendresse des catastrophes de Martin Page (2025) 💛 / Le Grand Feu de Léonore de Récondo (2023) / Octobre : L’Art de revenir à la vie de Martin Page (2016) / Pleurer au supermarché de Michelle Zauner (2021) / Betty de Tiffany McDaniel (2020) 💙 / Novembre-décembre : Intermezzo de Sally Rooney (2024) 💙 / Décembre : Une faiblesse de Carlotta Delmont de Fanny Chiarello (2013) / Douceur de la musculation de Martin Page (2025) /

Côté bandes-dessinées & romans graphiques :

Janvier : Fragile de Mathilde Ducrest / Je suis bordélique d’Einat Tsarfati / Mars : Les Carnets de l’apothicaire t. 1 / Avril : Éveils de Juliette Mancini / Mai : Ne m’oublie pas d’Alix Garin 💙 / Amours liquides de Lilith 💙 / Les Belles Personnes de Chloé Cruchaudet / Juillet : Minuscule Folle Sauvage de Pauline de Tarragon / Août : Toutes les princesses meurent après minuit de Quentin Zuttion /  Humaine, trop humaine de Catherine Meurisse

…

2025 a été est marquée par…

  • un appétit en berne pour les romans graphiques et BD,
  • un très bon cru de fiction,
  • une grande majorité d’autrices ; les exceptions (à l’exception des poètes et d’un chorégraphe) sont Jean-Baptiste Andrea (j’ai adoré Veiller sur elle) et Martin Page, le binôme de Coline Pierré,
  • ma rencontre avec Julia Kerninon : j’avais déjà lu Le passé est ma saison préférée mais Liv Maria m’a soulevée et donné envie de tout lire d’elle — en commençant par Toucher la terre ferme, Une activité respectable, Le Dernier Amour d’Attila Kiss,
  • des histoires continuées, avec Violaine Bérot, dont j’aime décidément beaucoup la sensibilité, Tiffany McDaniel, qui me rétame pour la deuxième fois, Annie Ernaux (oui, bon, celui-ci était dispensable), Sophie Galabru, Christian Bobin, Mona Chollet, Léonore de Récondo,
  • la découverte de talents confirmés (j’emprunte l’expression à Gilda) : deux ou cent ans après tout le monde, je kiffe Veiller sur elle de Jean-Baptiste Andrea, Intermezzo de Sally Rooney et Une chambre à soi de Virginia Woolf,
  • des ovnis : la trilogie des jumeaux d’Agota Kristof et le pavé islandais qu’est Chaos sur la toile,
  • du chelou avec Strega (oui bon) et La Végétarienne de Han Kang (réelle fascination),
  • des découvertes sensibles : La femme aux mains qui parlent de Louise Mey, L’Animal céleste de Véra Pavlova,
  • une grande majorité d’emprunts à la médiathèque. Par curiosité, j’ai noté le prix de tous les livres empruntés ; je pensais totaliser trois ou quatre cents euros, mais j’ai emprunté pour plus de 700 € de livres ! Hors bandes-dessinées, de surcroît.