Gourmandise douce-amère

– Life is tragic.
– But it’s good.

Ce bref échange, entre deux garçons dépités d’être invisibles à côté du chanteur de leur groupe, donne à lui seul le ton de God Help the Girl. Loin d’être évacués par l’esthétique rétro du film, prompte à présenter le présent comme un heureux souvenir, la maladie de l’héroïne et le regret des amours manquées se trouvent enrobés d’un voile nostalgique qui en fait mieux passer l’amertume. Avec simplicité, sans hyperbole lyrique ou mélodramatique, comme jeunesse se passe. On contemple l’étrange beauté du spleen dans le regard d’Emily Browning (Eve), la maladresse juvénile dans le corps d’Olly Alexander et le visage d’Hannah Murray (bouche ouverte, comme Adèle), et l’on s’aperçoit que les sourires font affleurer les blessures, que les courses les plus enjouées enjouées sont des errances déguisées. But it’s good. La bande-son pop, qui aurait pu affadir le film, l’adoucit juste ce qu’il faut pour réconforter les jeunes âmes ébréchées, rafistolées à coups d’amitié. Et l’on n’en finit plus de chantonner God help the girl, she needs all the help she can get.

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