Hong Kong : buildings et bouibouis

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Hong Kong, ville de contrastes. Tu m’étonnes. Pour moi, ce sera buildings et bouiboui. Bruyant et bordélique. Avec de la brume, aussi, nom poétiquement correct de la pollution qui rend les rues de Causeway Bay irrespirables et brouille une skyline impressionnante par temps clair. Partout de l’acier et des vitres, très photogéniques à cause des reflets qu’elles attrapent, transformant chaque immeuble en monade-monde de la ville. Partout aussi des tours crasseuses et des échoppes qu’on dirait en bouts de carton, dont je ne sais pas absolument pas comment rendre le grouillement avec mon appareil photo. Ca ne rentre pas dans le cadre, ou bien c’est tout flou, de mouvement ou de lumière (dans les quartiers commerçants, il fait jour en pleine nuit).

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Alors on apprivoise la ville à coups d’anaphores (buildings et bouibouis), de métaphores (les tours crasseuses : des dominos d’électriciens) et de comparaisons avec d’autres endroits que l’on a visité (l’agitation lumineuse de Broadway à Kowloon, la poussière d’Athènes à Causeway Bay, l’opéra de Syndey au centre des expositions…). Un jour, on dira d’une autre ville qu’elle a un petit côté Hong Kong – voire de plusieurs, et on fera des listes, comme Charles Dantzig avec ses rues de Rivoli partout dans le monde. En attendant l’inversion entre comparé et comparant, on s’étonne qu’entre les buildings new-yorkais et les bouibouis grecs, tous climatiseurs dehors, il y ait aussi des espaces australiens : un vide soudain, parc ou jardin avec sa fontaine, son palmier ou son banyan chinois. À peine peut-on parler de respiration, tant les tours qui encerclent donnent le tournis. On se croirait une petite goutte au milieu d’une lentille qui tangue, tangue, et déforme tout autour jusqu’à créer une canopée d’immeubles.

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On n’est pas si loin, pourtant, de l’autre canopée, la vraie, celle de la forêt qui me faisait tant rêver depuis que j’avais vu les collines vertes de la baie de Hong Kong depuis l’aéroport, en transit pour Brisbane. Mais la forêt, c’est l’équivalent nature des bancs : une fois qu’on a posé le pied sur les sentiers ou ses fesses sur les planches en bois, l’idée de repos qu’on y associait s’est évaporée. Il n’y a rien à voir, circulez (mais toute de même : le massage des cailloux sous les pieds). Quand la rumeur de Hong Kong s’évanouit de l’autre côté du versant, les oiseaux ont une fenêtre de courte durée : à mi-chemin, on entend déjà Aberdeen, en bas, bruyante de travaux. Un petit bus brinquebalant sur les bretelles d’autoroutes me ramène à Hong Kong. Pour admirer les collines vertes (et fantasmer de ne pas y être), le téléphérique qui survole l’île de Lantau est encore ce qu’il y a de mieux !

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