Mange prie aime oublie Platon

Mange. Julia Roberts/Elizabeth quitte un mariage ennuyeux, puis un nouvel amant ennuyant, pour retrouver l’appétit (de vivre). Direction l’Italie pour s’empifrer de voyelles exubérantes, de pizza et de pasta. Envolée lyrique au-dessus d’un bête plat de pâtes à la tomate, avec ralenti sur le parmesan façon neige divine. Il faut la comprendre, elle est américaine. Puis comme le plaisir ne dure pas et que le muffin top s’installe, elle repart. Adieu.

Prie. En Inde, dans une salle climatisée, avec des moustiques. Un éléphant, un mariage forcé qui avorte une vie intellectuelle, des saris, un compatriote qui lui remue le paletot, quinze jours de voeu de silence qui vous raffermissent la gorge : rien de transcendant, Dieu devient transcendental, il est présent en chacun de nous. Amen oecuméniste. 

Aime. L’amour des corps inspire celui des belles âmes qui mène vers le beau comme forme et donc vers le divin. Oh, wait. Le divin, c’est bien trop abstrait et trop aride. Alors on va se faire un bon petit cocktail, shakez bien, et voilà la divinité toute mélangée qu’il faut renommer : amour. Sirotez. Dieu est transcendental, souvenez-vous, c’est un intermédiaire entre le plaisir des sens (la pasta) et le sens de la vie (Felipe) ; vous faites un plein d’essence et vous voilà reparti vers la religion de l’amour. Même si le film a démarré après la fin d’une comédie romantique ratée, il faut y croire, l’amour s’incarnera, parce que vous êtes à Bali et que la quête du beau gosse n’a plus rien de platonique. Eh ouiiiiiiiiiiiii !

6 réflexions sur « Mange prie aime oublie Platon »

  1. Le livre (que je n’ai pas lu) est apparemment mieux que le film. Que j’ai regardé en me demandant toutes les cinq minutes: “Is this for real?” Combien de pseudo-leçons de pseudo-spiritualité peuvent-ils nous faire avaler?

    1. Pas vu pas lu.
      Mais j’aime l’énergie que dégage ta critique ^^ Je t’entends presque la dire, sans respirer, à toute vitesse, assise sur le bord de ta chaise 😉
      (Et puis c’est court, alors j’ai pu tout lire d’un coup !)

    2. bambou >> 🙂 Faut se laisser aller pour regarder ce genre de film, se laisser entraîner par le sourire de Julia Roberts et ne penser à rien.

      inci >> Toi aussi, tu entends les gens que tu connais bien quand tu les lis ?

    3. Oui oui, je les entends et les visualise ^^ Là où ça devient gênant, c’est quand un personnage de roman te fait penser à quelqu’un que tu connais (prénom ou autres similitudes), tu ne peux t’empêcher de penser que “mais non, l’auteur s’est planté, c’est pas du tout comme ça en vrai !”, mais bon, à ce niveau-là, on a atteint un stade de non-retour 😉

    4. Cela me le fait aussi, mais avec les lieux. Je bâtis les décors de mes lectures à partir d’endroits que je connais, auxquels j’ajoute et je retranche des pièces ou des objets selon les descriptions de l’auteur, comme si je jouais aux Sims. Seulement parfois, les souvenirs résistent, refusent de se plier à l’imagination d’autrui, et alors, l’auteur raconte n’importe quoi, l’assassin ne peut pas être passé par cette porte pour la simple et bonne raison qu’elle n’existe pas.

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