And the loosers are…

Isabelle Ciaravola et Mathias Heymann ont été nommés étoiles hier. Element factuel obtenu illico presto après réception d’un sms d’O. qui venait d’apprendre à la radio la nomination de deux étoiles sans entendre leur nom. Je ne vois pas qui est Mathias Heymann, soit que je ne sois jamais tombée un jour où il était distribué, soit que je ne l’aie pas remarqué ; je ne dirais donc rien de sa nomination, sinon que j’aurais aimé voir passer Karl Paquette ou Emmanuel Thibault, mais plutôt Karl Paquette. En revanche, Ciaravola, je l’ai vu à plusieurs reprises, et dans des choses aussi éloignées que Forsythe et la Petite danseuse de Degas, de Bart. Le problème est qu’elle me fait à peu près autant d’effet dans le premier que dans le deuxième, où elle a le rôle de… l’Etoile, dans toute la dimension caricaturale que peut prendre le terme. Certes, belle, longiligne, éthérée, grâcieuse (votre majesté !), ce qui, avec les jambes les plus interminables de toute la troupe n’est pas bien difficile, mais qui, pour reprendre l’expression de mon professeur de danse, me fait l’effet d’un navet bouilli au fonds d’une marmite. Pourquoi la nommer alors qu’attend Eleonora Abbagnato qui est tout sauf fade dans les rôles principaux qu’elle endosse depuis un moment déjà ? Et Myriam Ould-Braham ?

Sûrement encore des histoires de passe-droit – j’aurais aimé un peu moins de réalisme pour la nouvelle du jour qui m’en a fait sortir (le réalisme en littérature, ou comment enfoncer des portes ouvertes sans se jeter par la fenêtre.)

3 réflexions sur « And the loosers are… »

  1. Ah, enfin une critique ! Merci de ton franc-parler! Sache que tu es seulement en page 4 de google pour “Ciaravola étoile” mais que ton billet est le premier qu’il m’a été donné de lire sans me dire “les balletomanes sont-ils vraiment aveugles ou le ton employé sur dansomanie a-t-il définitivement bridé leur prose ?”. A moi aussi, Ciaravola fait l’effet d’un “navet bouilli” (ma prof de danse préfère les poireaux au frigo :)), quoique très joli navet par ailleurs… Elle est déjà pour moi une “étoile-contrat” : 37 ans, plus que 5 ans à danser, le temps d’épuiser les contrats de l’ODP avec Neumeier, Cranko, voire Martinez (je ne sais pas comment ça se passe pour lui). En clair : Ciaravola va danser en étoile un répertoire dans lequel elle excelle et quand ce répertoire aura disparu (comme Sylvia, Giselle de Ek, etc.), elle partira à la retraite. Une étoile CDD, selon mon humble interprétation… Puisque tu ne connais pas Heymann : il a un peu le même type d’emplois que Thibault et les mêmes qualités techniques (son ballon est exceptionnel). Pour moi, par contre, il n’a rien du grand danseur classique qu’est (ou fut) Thibault.

    Ton blog est sympa. Courage pour les concours et pour la difficile question du réalisme en littérature (abordé comme mouvement c’est un troll, abordé au regard de la mimesis, c’est un piège) 🙂

    1. Salut !
      Je dépose (enfin) un commentaire parce que je te l’avais promis, mais surtout parce que je souhaite unir ma piètre plume à la tienne !
      Et, oui, j’ai le malheur d’être à l’origine de ta « non révision » ce jour là… et tout ça pour quoi ?! Une déception… Etant d’un éternel optimiste (… naïveté ?), lorsque j’ai entendu ces quelques mots à la radio : «… ont été nommés étoile de l’opéra de Paris hier soir. » , jamais je n’aurais pensé que cette prestigieuse institution aurait fait un choix aussi scientifique… La danse n’est-elle pas un art ?! Oui… du moins je le crois.
      Mais comme le disent si bien les professeurs de l’école de l’opéra de paris (cette écloserie des étoiles….), sans la maitrise de la technique, un danseur ne peut s’en défère et ainsi voler sur scène, éblouir le publique et lui faire oublier les années de travail que cela demande ! Pour moi, une étoile est un(e) danseur(se) capable plus que tout autre de subjuguer un public connaisseur ou non (surtout les non connaisseurs). Toute la différence entre le très bon soliste et l’étoile réside dans ce petit plus qu’ont (comme tu le dit si bien) Eleonora Abbagnato et Myriam Ould-Braham. Malheureusement pour nous (et pour elles) l’opéra de paris a préféré choisir les meilleurs physiques ainsi que les meilleurs techniques (comme à l’école….). N’ayant (bien évidement) pas mon mot à dire je n’ai qu’une question à poser à ces personnes : Allez-vous un jour regarder un danseur avec votre âme plutôt qu’avec votre calculatrice ?

    2. Lorelei >> Merci de ton message – contente de voir que je ne suis pas la seule, j’aurais pu commencer à croire que je devenais tâtillonne et blasée. Il faudra que j’aille voir Heymann de mes propres yeux – je suppose que s’ils l’ont nommé ils vont pas mal le distribuer à la rentrée prochaine. Par contre, je ne savais pas que les droits des ballets n’étaient acquis que pour une période limitée (mon père me dirait qu’il faut que je sorte de ma chambre pour aller dans le couloir, parfois)… ça veut dire qu’il va falloir que je me dépêche d’aller voir les Neumeier !
      – Le réalisme n’est pas tombé… sujet bouillabaisse à la place.
      Au fait, as-tu un blog ou trouves-tu assez à t’exprimer chez Palpatine (c’est bien toi, non ? Balletomane 2, ça y ressemble fort) ?

      Omb >> C’est mignon, l’écloserie des étoiles.
      Quoiqu’il en soit, il faut qu’on y retourne toutes les deux l’année prochaine !

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