Assez Super 8

– C’est vrai, ce n’est peut-être pas ton genre de film. Tu n’aimes pas trop les explosions et tout.
– Si. Quand il y a Bruce Willis.

Un film à ne pas aller voir… dans un UGC. Le niveau sonore a rendu la séance à peu près aussi éprouvante que celle de War of the World où ma voisine hurlait à chaque fois qu’elle aurait pu se contenter de sursauter. À défaut d’autre chose, prenez la VO sous-titrée, cela peut être utile lorsqu’on doit se boucher les oreilles.

Super 8, c’est à la fois un convoi spécial au déraillement spectaculaire façon grand huit et la pellicule qui continue à tourner pendant la catastrophe initiale, tandis que les cinéastes en herbe s’entraînent à ne pas mourir des suivantes. Les explosions ? Checked, au grand bonheur du morveux pyromane qui fait sa dynamite maison. Dans le rôle de Bruce Willis qui, rappelons-le, sauve le monde en racontant plein de conneries en vertu desquelles une giga-explosion devient un pétard (un mec qui a le sens de la fête, quoi), pas de gros bras (ceux-là sont du côté de l’armée-qui-cache-tout-aux-civils-mais-est-tout-aussi-dépassée) : des gamins. Il faut bien avouer qu’ils sont moins aux commandes du film où ils jouent (leur peau) que de celui qu’ils tournent mais les gros boulets au grand cœur ont toujours une veine de pendu – surtout s’ils ont déjà perdu leur mère et qu’ils en pincent pour une jolie demoiselle. C’est ainsi que Joe le gringalet fait faire du sport de l’extrême à son ami obèse, maquille la belle Alicia toujours belle en mort-vivant et, pour la sauver d’une vraie mort dont elle ne ressusciterait pas vivante, parle à l’oreille d’un E.T. persécuté par des scientifiques incapables de voir le potentiel gentillesse du monstre. Le tout rythmé par le gamin-réalisateur qui voit dans chaque catastrophe extraordinaire une plus-value pour son film, et les bouches bées de la petite troupe qui font rire toute la salle.

Petite mais pas mauvaise. On s’extasie sur les dons de comédienne de la demoiselle qui joue l’épouse éplorée ou le zombie avec une facilité déconcertante en oubliant qu’Elle Fanning continue à jouer Alicia lorsque celle-ci ne joue plus et que les autres gamins sont doués au point de pouvoir jouer les acteurs empotés. On rit jusqu’à la fin et même après, avec cette pépite du générique qu’est le film des gamins monté. Impayable : le directeur pas clean, perdu dans la veste de son père, au téléphone, « He knows. 

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