Lundi 23 mars
Prête à l’heure, je décide finalement de ne pas me rendre au cours de stretching postural pour ne pas courir ensuite pour mon rendez-vous médical. Meilleur plan que les annulations de soi à soi : on ne fait faux bond à personne, et le temps se déploie, opulent, inespéré à faire des choses inenvisagées comme s’apercevoir qu’on respire doucement.
Le médecin prescrit une écho, tout de même, pour vérifier. Décidée à me débarrasser rapidement de la chose, je trouve un rendez-vous pour le lendemain — le désistement ne sera pas perdu pour tout le monde.
La choré du lundi-mardi touche à sa fin. Travail et soulagement commencent.
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Mardi 24 mars

Pourquoi cet amour des radiologues pour les dalles lumineuses kitsch au plafond ? Après les palmiers au plafond dans la salle d’examen pour l’IRM du genou, je découvre un feuillage (de platanes ?) dans la salle d’attente pour l’échographie mammaire. (Ce mot est atroce, mammaire, ça me donne l’impression d’être réduite à ma condition de mammifère à mamelles.)
L’image mouvante en noir et blanc a quelque chose d’archaïque. Couches plus ou moins foncées, granuleuses, débris, sédiments, on croirait voir un mouvement géologique séculaire en accéléré (tectonique des seins). La doctoresse prend des screenshots d’un trou noir aux contours pas tout à fait réguliers ; je décide que c’est un oculus et je le pense pendant plusieurs jours avant de m’apercevoir que le nuage noir des Animaux fantastiques est un obscurus.
Les essuie-mains sont reconvertis en essuie-seins pour enlever tout le gel, dont la doctoresse s’excuse presque. Bah, c’est comme du lubrifiant… La remarque m’échappe et rencontre un blanc, éludé ; j’ignore si c’est déplacé ou si elle n’y avait jamais pensé.
Venue pour une écho, je suis initiée dans la foulée à la mammo (personne ne dit graphie). Un mystère de l’existence se trouve résolu : on peut vraiment faire une mammographie à de tout petits seins, c’est juste un peu épique, de guingois pour caler l’aisselle sur le bord de la plaque et presser le sein non pas horizontalement que je l’imaginais (haut contre bas), mais verticalement (côté contre côté). L’expérience désagréable mais pas douloureuse ne sert à rien, car on ne voit rien de plus qu’à l’écho : j’ai le sein dense, apprends-je sur le compte-rendu. Bonnet A, mais densité C-D, mes amis.
Du coup, on va faire une biospie, vous faites quoi mardi prochain ?
Une biopsie, donc.
Je n’ai pas à reprendre rendez-vous ni à effectuer une quelconque démarche, tout est fixé par la doctoresse, placidement compétente et adorable de bout en bout. Je lui fais un sourire radieux quand elle me remet le compte-rendu d’examen, elle doit me prendre pour une demeurée qui n’a rien compris (déjà qu’avec les mouvements géologiques et le lubrifiant…).
Plus tard, je google l’acronyme ACR. Peut-être n’aurais-je pas dû. L’échelle de l’American College of Radiology va de 1 à 5 et de ce que j’en comprends :
- RAS
- Y’a des trucs mais osef
- Y’a des trucs à surveiller, on se revoit dans un / quatre / six mois
- Y’a un truc à vérifier, on va faire une biospie : ça peut être malin ou bénin, agressif ou mou du genou, on s’emballe pas, c’est pas un diagnostic, faut vérifier on a dit
- Y’a un truc et on est à peu près sûr que c’est la merde
Le sein droit est à 4. On s’emballe pas, c’est pas un diagnostic.
On n’a pas de diagnostic, mais on a des antécédents familiaux, on s’emballe.
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Mercredi 25 mars
Explosion de fleurs blanches le long du métro aérien.
Heure après heure, pas après pas après pas.
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Jeudi 26 mars
Après le cours, on discute affalées chacune à son bout de la salle, sans aucune volonté de nous lever. C’est comme ça qu’on se rapproche, semaine après semaine, sans céder un centimètre à la fatigue, dix mètres entre nous.
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Vendredi 27 mars
Retrouver le repos
Pour avoir cliqué sur un lien dans la newsletter de Julia Kerninon, je me retrouve à regarder les premières minutes, puis les quarante autres, d’un vlog vieux de quatre ans consacré à la tournée de promotion de Toucher la terre ferme. C’est la deuxième fois que cela m’arrive, visionner par hasard une vidéo longue au moment même où je la découvre, sans la mettre de côté pour un temps dédié (et l’oublier à jamais).
Avec son ami vidéaste, on la suit de librairie en émission radio, conscientisant peu à peu cet aspect souvent éludé du métier d’autrice (probablement parce qu’il faut déjà avoir rencontré un certain succès pour en quérir ainsi davantage). Je suis stupéfaite de découvrir ses faux airs d’Amélie Poulain et, lorsque je reconnais en libraire le mari de Victoire de Changy, que je lis et suis sur Instagram, la collision des univers est de trop, il faut que je partage mon excitation : Melendili est surtout stupéfaite que je découvre seulement maintenant la voix et le visage de Julia Kerninon, qui appariassent régulièrement dans ses fils Instagram littéraires ou féministes. Je répugne généralement à savoir à quoi ressemblent les auteurs-autrices que je lis, craignant que leur image altère celle que je me suis faite de leurs œuvres.
— Vous ne craignez pas d’être impudique ?
— Je suis impudique. Je veux dire, je peux craindre d’être autre chose, mais je suis pas une personne… bon, comme tout le monde, on est toujours à la fois pudique et impudique… Je fais de la littérature. D’une manière ou d’une autre, même dans la fiction que j’écris les gens devinent très bien ce qui m’agite. […] C’est peut-être précisément mon impudeur qui est intéressante. […] Si je raconte quelque chose de lisse là-dessus, ça n’a aucun intérêt, ça m’intéresse pas de l’écrire, puis ça va être utile à personne. Je pense que l’intérêt de ce livre, c’est qu’en osant aller à un endroit d’impudeur, eh bah je fais que mon lecteur tout seul dans son salon quand il le lit, il ose lui-même se regarder avec cette impudeur-là. […] l’impudeur, c’est aussi de la lucidité.
Visio avec le boyfriend, on discute des circonstances dans lesquelles se dire artiste. Pour lui, c’est gagner sa vie avec son art, et c’est volontairement qu’il ne se revendique pas tel, ayant fui après les Beaux-Arts ce milieu au centre duquel ce n’est pas l’art qu’il a trouvé. Je lui parle a contrario de La Lune mauve, cette blogueuse créative qui revendique au contraire le terme d’artiste pour sa pratique. Elle n’en vit pas, mais elle vit pour, et si l’art la définit davantage que son métier pourquoi, effectivement, ne pas se dire artiste. On en revient à esquiver l’attente sociale à la question de ce qu’on fait dans la vie, et répondre par ce qu’on aime faire plutôt que par ce qu’on est payé pour faire. C’est plus simple pour moi depuis que les deux se superposent bien mieux, même si les termes posent question : professeure de danse, j’ai du mal à me dire danseuse, pour moi réservé aux danseurs professionnels… Me voilà finalement plus proche de la vision du boyfriend que je le pensais.
J’en viens à parler, et en en parlant à mieux comprendre, les paradoxes du conservatoire. Si on schématise, à l’époque où j’y étais élève, les conservatoires étaient des pépinières pour les écoles supérieures ; aujourd’hui, ils assurent une mission de service public. L’entonnoir s’est renversé : il n’est plus tant question de sélectionner que d’ouvrir l’éducation artistique au plus grand nombre. Dans les faits, les conservatoires semblent coincés entre les deux, entre réputation élitiste et rhétorique inclusive. On voudrait concilier les deux, on voudrait l’excellence pour tous, on la veut vraiment autour de moi, je le sens, mais en période de restriction budgétaire, il semblerait qu’on finisse par faire tout à moitié ; les enfants en situation de handicap ont des parcours qui n’ont souvent d’adaptés que le nom, allégés sans être sur-mesure, tandis que les enfants montrant des prédispositions ne se développent pas forcément à la mesure desdites prédispositions (il y en a toujours qui y arrivent, mais ils y seraient probablement aussi arrivés par d’autres chemins). Ne pas écarter les enfants en situation de handicap, mais quand même conditionner l’entrée à une audition ; développer la sensibilité, mais évaluer ; préparer plusieurs manifestations artistiques dans l’année, mais aussi faire progresser techniquement pour atteindre un niveau qu’on estime requis en un seul cours hebdomadaire… forcément, ça fait des nœuds au cerveau.
Sans même parler de reproduire d’anciens schémas, on a beau adhérer aux nouveaux principes de l’institution, nos mentalités restent structurées par celle qui nous a formé. J’ai notamment hérité de ça, de cette croyance qu’il faut avoir dansé professionnellement pour être légitime comme professeur (pas bon, légitime)(la distinction est à creuser). J’y reviens toujours, des remarques anodines qui ne me concernent absolument pas m’y font revenir, c’est dans la culture du milieu et dans ma construction personnelle. Cette question de légitimité n’est peut-être pas tant un problème du présent que l’éclat diffracté d’une blessure passée. Je veux dire, les deux sont liés, évidemment, le passé rejaillit sur le présent et je lis évidemment celui-ci à l’aune de celui-là, mais ce n’est pas la crainte d’être aujourd’hui une mauvaise professeure qui me fait revenir sur cet épisode passé, c’est plutôt ce dernier qui se rappelle à moi, qui demande à être p(· )nsé avec un e ou un a. Je pensais avoir fait le deuil de n’avoir pas réussi à devenir danseuse, mais l’émotion en l’évoquant avec le boyfriend prouve que non ; enseigner m’aide à le faire, mais il n’est pas encore achevé et je me demande parfois s’il le sera jamais — seulement de plus en plus apaisé. Et peut-être que c’est beau aussi, et sain, d’avoir un regret vivant ? (plutôt qu’embaumé dans l’amertume ?)
Le deuil n’est pas complètement fait pour le boyfriend non plus, mais c’est encore possible pour lui, pour le dessin, contrairement à la danse, le corps n’empêche pas encore, pas avant longtemps. C’est pareil pour moi, pour l’écriture, pour publier (ailleurs qu’ici, s’entend) ; je n’ai pas encore fait le deuil de ça, je ne l’ai même pas amorcé parce que ça reste une possibilité possible, sinon d’actualité (et joyeuse). Pour la danse, le doute me dérange : j’ai bientôt l’âge de la retraite des danseuses classiques, de ce côté cela ne fait aucun doute, mais est-ce que je ne renonce pas avant l’heure à d’autres manière de danser sur scène, quand je vois des amatrices se démener pour monter leurs projets, n’ai-je vraiment pas l’envie ? l’énergie ? en ai-je encore si peu ou ai-je simplement renoncé d’emblée ? est-ce que je nie vieillir ou m’y complais ; où en seraient les jauges si je sortais de l’anxiété, est-ce que je pourrais faire quelque chose de mon ménisque fissuré et de mon dos hernié qui se porte comme un charme tant que je ne tente pas de l’arrondir avec énergie ? est-ce que je pourrais danser intéressant autour de ça ? Il faudrait tout autre chose, il faudrait retrouver l’effort continu, la persévérance. En ai-je envie ? l’énergie ? est-ce la même chose ? Avec le boyfriend, on partage nos fantasmes de discipline ; en attendant, il se lance dans la ginger beer maison.
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Dimanche 29 mars
Au réveil, je suis de retour au conservatoire. J’ai beau rabattre la couette au-dessus de ma tête et prélasser mon corps contre le satin de coton, rien n’y fait, il n’y a plus qu’à se lever.
… fatigABLE, irratABLE… première bribe au parc Barbieux.
Cela faisait longtemps que je n’avais pas entendu le bruit de mes pas, ni senti celui des gravillons me remonter dans le corps comme des bulles de champagne. Encagoulée et en lunettes de soleil, je prends toute la chaleur la lumière que je peux.
L’aura de pétales sous le magnolia est presque aussi importante à présent que sa frondaison, les pétales s’altèrent à présent avant même d’être tombés. Tout un tas de bourgeons bourgeonnent. Des chatons qui ressemblent à des chromosomes mous (des tridents Daliesque ?). Des petites couilles velues et d’autres à mi-chemin entre le litchi et le virus. Des mini-bouquets de feuilles de menthe qui ne sont pas du tout de la menthe. Une tête chercheuse au bout d’une branche, comme un spermatozoïde bien arrimé.
Une femme — Jules, tu attends.
Une autre femme — Tu attends.
De concert — ATTENDS !
(Jules est un enfant, Jules n’attend pas.)
« Il faut éviter l’herbe. »
Ce n’est pas un médecin qui parle, mais un père à son enfant. À trottinette, certes. Tout de même, ça m’a fait un drôle d’effet, comme un rappel de notre société un peu barrée, qui préfère éviter l’herbe que le bitume.

L’après-midi, le boyfriend m’envoie une photo du chat installé au soleil au pied d’un arbre, chat d’appartement qui ne tolérait jusqu’à présent que des surfaces artificielles sous la pattoune (à l’exception du cashemire — chat d’appartement, pas de gouttière).
Après-déjeuner, je poursuis Pour une érotique du sensible sur la terrasse en parka avec un plaid sur les genoux — on a dit sensible, pas sexy. Entre deux révélations douces comme un Polaroïd qui apparait, ma tête oscille tandis que dodeline une grande branche de rosier (sans rose, évidemment, mais… avec des feuilles ? que ne les ai-je vues arriver ?). Puis Les jours mauves. Puis plus aucun livre, mais encore du soleil, de plus en plus intermittent, dans une mi-sieste mi-étirement par terre sur le tapis de sol qui m’isole un peu du froid et me rapproche du bruit des oiseaux, des feuilles, de la nature-en-ville. Au ras du sol, dans les interstices des dalles, la mousse fait pousser ses petits lampadaires.
C’est une journée qui fait beaucoup de bien au système nerveux autonome.
Le soleil a fini par disparaître derrière une épaisse couche nuageuse. Le jaune du forsythia vire à l’orange.
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Lundi 30 mars
Backlash de la to-do list écrite et mentale. Tout n’est pas urgent, je me répète, répétant les mots de la psy, ré-entendant sa voix.
Le bluetooth de la chaîne HiFi ne fonctionne pas, je dois improviser une barre sur des musiques que je ne connais pas, l’ordinateur portable de la directrice posé sur une chaise au milieu du studio. J’improvise, ne corrige rien. La répétition m’échappe.
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Mardi 31 mars
… et d’infection, même si c’est beaucoup plus rare, je complète pour couper court à la récitation de la doctoresse sur les risques liés à la biopsie. Vous avez retenu. Oui, j’ai retenu, il n’y avait pas grand-chose à retenir, ça et un bleu qui se résorbera en quelques jours. Elle m’explique alors la procédure, l’anesthésie locale, le bruit que fait la machine au moment du prélèvement, l’importance de ne pas bouger parce qu’il y a les poumons en dessous. À ces mots, la panique qui n’attendait qu’un prétexte jaillit en larmes, ça va recommencer, les poumons percés comme le sac dural par l’interne lors de l’infiltration… La doctoresse déduit de mes mots ânonnés de sanglots que j’ai eu une hernie discale, trouve plutôt courageux que je n’ai pas déjà mentionné cet épisode plus tôt (à cet instant, j’ai la maturité émotionnelle d’une enfant de cinq ans, elle utilise donc un vocabulaire adapté), me rassure, ça ne va pas recommencer, il y a de l’épaisseur avant les poumons, elle n’aurait pas dû employer ces termes, je peux bouger un peu, ça ne risque rien, juste pas de mouvement brusque comme se relever d’un coup en plein milieu (mais qui fait ça ?). Elle me rassure, prend le temps, m’en donne, m’écoute quand je lui raconte que l’anesthésiant met du temps à faire effet sur moi, ça a surpris le médecin lors de l’infiltration (et des dentistes, maintenant que j’y pense). J’en mets une bonne dose, avec ce que vous me dites. Ça risque juste de faire un bleu un peu plus gros… On s’en fout, je lui réponds. Du moment que je n’ai pas mal. C’est ce que je voulais entendre. Satisfaction de connivence. Elle est adorable de bout en bout.
Clac, premier échantillon. J’y retourne. Fermant les yeux, je pense qu’elle va réenfoncer une aiguille et sursaute au clac immédiat du prélèvement. Elle s’enquiert : douleur ou surprise ? Je confirme la surprise, alors qu’elle m’avait pourtant prévenue (ou pourquoi le corps médical est habitué à répéter comme si on était idiot — le stress rend idiot). Le deuxième échantillon est parfait, ce sera le second, pas besoin d’un troisième comme elle l’avait annoncé (elle tait cette possibilité, préfère la bonne surprise quand bonne surprise il y a).
Après réflexion, elle renonce au prélèvement pour la seconde zone en point d’interrogation, qui se trouve dans la glande mammaire, plus sensible et donc plus douloureuse chez les jeunes patientes (je pense au panneau « grossesse gériatrique » aperçu dans les couloirs et à la relativité de cet adjectif jeune) : « On va attendre le retour de mes collègues anapath, décide-t-elle. S’il y a quelque chose à retirer, on fera le prélèvement pour tout enlever d’un coup ; sinon, on se contentera de surveiller. » Je souris intérieurement du jargon médical et ne demande pas la signification du terme anapath, obscur mais familier pour l’avoir de la bouche de l’externe qui suit mes cours de danse ; je me doute qu’il s’agit de ceux qui analysent les prélèvements. (Mot-valise pour anatomie pathologique.)
En ressortant, un peu tremblante, je sais de quel côté tourner pour trouver la sortie sans passer par la cafétéria. À l’aller, je me suis souvenue de prendre l’escalier à côté de l’ascenseur pour descendre d’un étage et me suis dirigée, confiante, sans demander de l’aide pour m’orienter… découvrant à cette occasion qu’il y a deux blocs d’ascenseur qui se font face et que je n’avais évidemment pas pris le bon.
C. me raccompagne au métro en voiture après le cours. Je ne sors pas alors qu’elle s’est rangée sur le côté, nous discutions encore un peu effet placebo, Stresam, couverture lestée (elle me donne envie d’explorer cette option). Cela me surprend et, en un sens, fait complètement sens, que cette femme que j’adore, pleine d’aplomb et d’exubérance, soit familière de l’anxiété. Pas seulement accoutumée, familière : en relation étroite et apaisée, si bizarre que cela puisse être d’accoler ce terme à l’anxiété, en paix avec le fait qu’elle vivra toujours dans sa proximité — en paix avec l’idée qu’on n’est toujours vivant qu’en sursis, mais qu’on peut l’être longtemps et intensément ?

































