La ballade du loser

Inside Llewyn Davis a la douceur des ritournelles qui ne seront jamais des succès, mais seulement des compagnons de route précieux pour une poignées d’âmes en peine.
 
 Laura Tuillier dans Trois couleurs

Au bout du troisième film des frères Coen, je crois pouvoir résumer leur morale sans trop me risquer : la vie n’est pas drôle, autant en rire. Après s’être acharné sur the Dude et sur Larry Gopnik, le sort s’en prend cette fois-ci à Llewyn, un artiste plutôt doué mais dont les chances de finir en tête d’affiche sont devenues infinitésimales depuis que son binôme s’est suicidé : Inside Llewyn Davis est le titre de l’album qu’il a enregistré mais qui lui reste sur les bras par cartons entiers. La vie n’est que problèmes de fric, de canapé (trop dur, trop mou ou carrément inexistant), d’amie qui vous reproche de l’avoir foutue en cloque (though it takes two to tango) et de chat à garder rattraper retrouver. Ajoutez à cela des cheveux bouclés et une mise hésitant entre l’artiste et le vagabond et vous obtenez le mec parfait pour interpréter la complainte de l’âme en peine dans un petit bar de New York. À ce point, je dois confesser ne pas aimer la folk, pas du tout. Ni les jérémiades. Heureusement, Llewyn a une faculté toute stoïcienne à encaisser les coups du sort : jamais il ne se plaint, se contentant d’improviser, pour continuer son chemin qui ne mène nulle part – la vie, en somme. La vie n’est pas drôle, autant en rire. Et les frères Coen réussissent effectivement à nous faire rire, que cela soit avec un chat, qui n’a pourtant rien d’un lolcat, ou la mine hébétée de Llewyn. Au final, on est revenu à la case départ mais c’est le cycle de la vie qui veut ça, hein.

Mit Palpatine.

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