Selig sind…

Selig sind… Les premières mesures du Requiem de Brahms sont d’une douceur infinie1. Les échos qui naissent de-ci de-là dans le chœur n’ont rien de canons ; ils participent d’un scintillement, continu, délicat, à peine perceptible, comme la lumière qui se reflète sur le haut noir pailleté asymétrique de l’une des choristes. Voilà, c’est foutu, je ne peux plus détester Brahms. Foutu pour foutu, autant apprécier la suite : je m’y emploie en laissant une mini-jubilation monter à coup de timbales – éruption de Blume, pâquerettes éparses – qui n’explosera pas, faute à un en-cas trop léger2 et à l’acoustique de la Philharmonie, qui produit un son pur plus admirable qu’émouvant3. L’âme s’égare dans la nostalgie de l’au-delà, oubliant de revenir s’incarner, apaisée, ici bas.


1
On devrait le faire écouter à tous ceux qui, n’ayant jamais entendu d’allemand que dans les films de guerre sur Arte, imaginent que c’est une langue abrupte.
2 Au milieu des archets… un yaourt géant… et au milieu des demeures de Dieu… un flan coco-chocolat, oh oui, selig sind ceux qui ont mangé un flan coco-chocolat.
3 Pour le parterre, où je m’étais replacée avec Palpatine. « Tu avais l’impression d’être face à 80 personnes, toi ? ».

 

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