Ça me bouffe.

 

La Pâtisserie Valérie, en français dans le panneau, est une Pomme de pain anglaise. En plus cupcake. En plus crémeux. Pour tout dire, les gâteaux ont même l’air franchement dégueux dans la vitrine. Surtout quand on revient de chez Richoux, trois magasins plus loin. Mais Pink Lady ayant plaidé la cause de leurs scones (pas mauvais, il faut bien le dire, quoiqu’un peu gras une fois qu’on a englouti ce galet bourratif 1), j’ai bien voulu tenter un plat sur le pouce avant de les goûter. Ils ont un sandwich poulet- poivron rendu dément (à son échelle de sandwich mais ils sont maintenant si perfectionnés…) d’être tartiné non pas de margarine ou même de beurre mais… d’houmous !

Je suis donc revenue sur mon a priori. Cependant, si je fais volontiers un détour par la Brioche Dorée avant d’aller à Garnier, quand on me dit « salon de thé », je pense davantage à Dalloyau ou à Mariage Frères (leurs scones sont délicieux ; même allure que chez Valérie en plus digeste)… donc plus à Fortnum and Mason qu’à Valérie. Pourtant, quand mon quart d’heure tête de mule est passé et que j’ai goûté le thé qu’avait commandé Palpatine, force a été de reconnaître qu’il était délicieux, voire meilleur – mais aussi, quand je pense au thé, je pense d’abord aux gâteaux qui l’accompagnent : où est mon carrot cake ?.

Alors avec le souvenir d’un petit-déjeuner englouti sept heures auparavant et une attente qui commençait à s’éterniser, avec des trucs crémeux qui circulaient autour de nous et dont la simple vue commençait à m’écœurer, trucs crémeux qui allaient me faire grossir sans m’avoir auparavant fait plaisir (si c’est le cas, je ne regarde plus à la dépense -calorique), l’estomac sur pattes bourgeois que je suis, contrarié par ce qu’il avait rêvé et n’était pas, bien davantage que par ce qui était, a pété un câble et je suis partie feuilleter des bouquins dans la librairie la plus proche pour me calmer, après avoir planté mes acolytes sans autre forme de procès. Toutes mes excuses à Pink Lady (c’est tout aussi impoli envers Palpatine, me direz-vous et vous aurez raison, mais lui sait d’expérience que ce n’est pas dirigé contre lui). Cela fait un certain temps que je pense à un post sur les pensées d’un estomac sur pattes mais il faudrait vraiment que je le rédige pour qu’il y en ait un mode d’emploi et qu’on sache si et quand cette chose vorace va vous péter entre les doigts.

Blague à part, il faudrait que je trouve un moyen de résoudre l’antinomie ‘être contrarié dans ses désirs/ vouloir faire plaisir aux autres’, sans chercher à retourner le « non » qu’on pourrait leur opposer simplement (« non, je n’ai pas envie de danser dans ce numéro là », « non, je préférerais aller ailleurs que chez Valérie »…) en colère contre ma petite personne à la fois égoïste (ou despotique, comme on voudra) et incapable de le reconnaître en face à un moment donné (parce que les autres n’y sont pour rien si leurs envies ou décisions vont en sens contraire et contredisent les miennes, c’est normal ; c’est toute seule que je me contrarie). Ce qui finit au pire en crise de larmes, au mieux en petit être hargneux et désagréable. L’image de cocotte-minute de Palpatine n’était peut-être pas si mauvaise en fait. Sûr, c’est moins sex que la cocotte, mais là, c’est cuit.

– Hé, ma cocotte ! Minute !
– … ?
– T’es pas sur un divan rouge, là. L’est même orange ton layout.
– Justement. Out ! (c’est évident qu’une morfale est une chieuse en puissance, non ?)

1 Pas de mauvais esprit, pas de comparaison avec Richoux, mon choux. (Silence) Richouuuuuuux !

4 réflexions sur « Ça me bouffe. »

  1. Bon, après 2 semaines, je viens de laisser tomber l’idée de publier mon CR du we avant de commenter les vôtres. En commençant par celui-ci, je pense que c’est une description assez fiable de la Pâtisserie Valérie… trop d’attente vraiment (et je n’ai rien contre les estomacs sur pattes aux réactions intempestives, j’en ai beaucoup plus contre ceux qui ont encore tout leur temps après avoir sauté 3 repas).
    Mais les scones… un repas complet, et délicieux, même si je vote pour une version plus digeste. Et l’humous au citron (rien à voir avec celui qu’on connaît en France) est l’un des mets qui se consomme le plus ici (de ceux que l’on répertorie dans la rubrique “comestible” “à refaire” “sans risque” lorsqu’on arrive), on en trouve partout.

    1. Le citron dans l’houmous, c’est donc ça ! Mais “partout”, c’est-à-dire ? (je ne compte pas repartir tout de suite, je vais un peu me calmer, tout de même, mais c’est le genre de chose qu’il est toujours bon voire délicieux de savoir).
      Il n’y avait plus de scones au fromage chez M&S, pendant que j’y pense, il faudra aussi que je goûte cette recommandation.

    2. Tout le monde en mange, tout le monde est fan (surtout les étrangers qui ont du mal avec le reste), ça s’achète en pots nature/reduced fat/red chili pepper dans toutes les supérettes. M&S le propose même en snacks avec bâtonnets. Sérieux, ça fait partie du nécessaire de survie, et on apprend à le marier avec tout (notamment le poulet après avoir tiré une croix sur la “mayonnaise”).
      Pour les scones, je t’en ramène la prochaine fois si tu veux.

    3. Pourrais-je abuser et passer également commande d’un pot d’houmous ? Je ne compte pas le manger avec les scones au fromage (le correcteur orthographique ne connaît décidément pas ce qui est bon) mais la perspective de remplacer l’éternel Saint-Morêt dans mes sandwich (lui-même remplaçant du beurre que je n’aime point) me réjouit infiniment. Je n’ai plus de livres mais je te rembourserai en euros (ou alors, si c’est en livre, il comportera des pages).

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