Cookies, lily, lily, rose

Journal de début mai

Vendredi 1er mai

Le jour férié tombe sur mon jour de repos, ne change rien.

La recette de salade aux asperges d’OwiOwi pour ceux qui veulent. Je n’ai pas retrouvé l’extase de la première fois (concomitante avec une phase du cycle où mon odorat est décuplé), mais ça reste bien bon.

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Samedi 2 mai

Plus qu’un samedi avant le spectacle : mi-panique mi-soulagement. Je ne serai pas là pour avoir honte de ma débâcle le cas échéant.

Je ne comprenais pas pourquoi ma collègue s’enquiquinerait à coudre des fleurs sur le costume : l’effet est sans commune mesure, cet ornement transforme à lui seul les robes en costume.

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Dimanche 3 mai

Le rosier papillonne de ces fleurs luminescentes, qui toujours me rappellent le tableau de Sargent Carnation, Lily, Lily, Rose (que toujours j’appelle Rose, Lily, Rose).

Coupole du métro roubaisien

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Lundi 4 mai

Réveillée à six heures, je n’ai pas la force de me lever et je suis déjà au conservatoire. Que ce soit pour ruminer ou vagabonder, mon cerveau ne trouve nulle part d’autre où aller, aucun projet, aucune réjouissance où me projeter qui ne soit pas en rapport avec la danse, le boulot, le conservatoire. Sur ces considérations, je me rendors de sept heures à neuf heures trente, me réveille lourde du repos qu’a pris, que réclame encore mon corps.

Deux, non trois, roses rouges ont écloses ce matin.

Tout mettre au carré, un petit carré devant chaque tâche, cochée au fur et à mesure de la matinée, jusque dans l’après-midi. Administratif pour le boulot et pour l’opération : trouver, télécharger, renommer et envoyer les musiques du spectacle, rédiger des mails pour l’organisation du même spectacle, prendre rendez-vous avec le généraliste pour obtenir un arrêt (l’hôpital arrête uniquement le jour de l’opération et pas pour la durée d’arrêt recommandée par eux-mêmes), chercher une remplaçante pour la durée de l’arrêt, faire son virement à la psy, facturer mes cours passés… Il y a des mots de passe à taper, retrouver, réinitialiser, des informations à reporter, pour tout aplanir, prévoir, contenir, aérer, mieux respirer — ou hyperventiler, on ne sait jamais trop avec l’efficacité, qui perdure au-delà de sa nécessité et transforme tout en chose à régler.

Les élèves ne sont pas nombreuses, mais la chorégraphie est pas mal nettoyée, les têtes regardent en même temps dans la même direction et les bras empruntent à peu près les mêmes trajets. Les interprétations diverses me forcent à préciser mes impensés. Les costumes sont arrivés et, portés, moins laids que dans mon souvenir ; cela devrait même bien rendre sur scène avec les lumières (une élève semble dépitée et se console en se disant, un pan de la jupe métallisé doré à la main, qu’elle retirera ce bout de tissu ensuite).

Il faut souvent contraster les lumières ; une lumière de la même couleur que le costume l’avale, apprends-je quatre jours après avoir rendu ma conduite lumière… pleine de rouge sombre et de jaune doré pour des costumes bordeaux et dorés.

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Mardi 5 mai

À la psy, je raconte n’avoir rien trouvé à penser que boulot au réveil (il y avait bien les vacances à la campagne chez le boyfriend, en me concentrant, mais c’est de l’ordre du souvenir plus que de la projection). Comment ne plus ne penser qu’à ça, comment cesser d’être bonne élève, ne pas me sentir illégitime ? Et soudain les deux sont liés : je ne peux pas me sentir légitime comme professeur si je reste dans le rôle de la bonne élève.

Il ne s’agit pas de se sentir illégitime et de s’en moquer, me reprend la psy, mais de comprendre pourquoi je me sens illégitime. Elle insiste sur la question, elle qui en thérapeute TCC privilégie bien plus souvent le comment que le pourquoi. Et pourquoi je ne sais pas y répondre, ou esquive ?

Pendant cette séance, je prends conscience que tout tourne autour du travail. Le relie au fait que je ne vois pratiquement plus mes amis. Il en ressort que j’ai besoin de nourrir ma vie privée, même si ça me demande une énergie que j’ai l’impression de ne pas avoir. La psy entérine : cela a un coût, mais faible au regard de ce que cela pourrait m’apporter, et je repense à cet enthousiasme démesuré d’aller manger des cookies.

Il ne s’agit pas de faire moins (pour s’économiser) mais plus — cesser de tout optimiser, de tout optimiser pour le boulot. Emoji mindblown. Cela me rajoutera des contraintes, certes, mais elles seront moins pesantes si elles ne concernent pas uniquement le boulot. À la place de ce repos qui ne me repose pas, ne serait-il pas plus joyeux d’organiser une journée à Paris, par exemple, pour voir mes amis ?

Qu’ai-je fait pendant les grandes vacances l’été dernier ? Sur le moment, rien ne me vient que l’Angleterre. Quinze jours sur deux mois. Je ne sais déjà plus ce que j’ai fait l’été dernier. La démonstration souligne la nécessité de structurer son temps — pas le blinder, précise la psy, mais prévoir des choses dont on se souvient.

Moi qui avais l’impression de ne plus avoir la force d’avoir envie de rien, voilà que j’ai envie de plein de choses. Je lui parle pêle-mêle des cours de qi dance par sa voisine de palier, que j’ai découvert en la googlant dans la salle d’attente, de hobbys abandonnées (le dessin, et la frustration qui prend le pas sur le plaisir — ou alors en groupe, en ateliers ?), d’envies ajournées sans jamais m’y être essayée : le kit de linogravure jamais ouvert par peur de gâcher (n’est-ce pas gâcher que de le laisser dans le placard ? Tell me about it), l’apprentissage toujours repoussé du violoncelle à cause de l’investissement financier et temporel qu’il suppose. La psy remarque qu’il comporterait aussi « discipline que vous aimez » — que j’aimerais retrouver en tous cas, et pas concernant mon outil de travail. Quand je me rapproche trop de la danse, la psy souligne le besoin de sortir de mon univers. Il y a bien la lecture qui reste possible, et j’y prends du plaisir, mais pas par anticipation ; ces derniers temps, je ne me réjouis pas vraiment de la suite qui m’attend. J’éprouve le besoin de sortir des mots (écrit-elle en un billet fleuve), du dualisme corps et mots, j’ai besoin de quelque chose qui passe par le corps… sans que ce soit de la danse (et là, ça se corse).

C’est la magie de la psychothérapie : il n’y a rien que je ne savais pas, mais les points se relient, la constellation dessinée est tout autre que le jeu de points à relier prénumérotés avec lequel j’étais arrivée. J’ai beau connaître le danger du hobby devenant métier, j’y suis tombée en plein dedans, les circonstances aidant (ou n’aidant pas) : éloignement géographique des amis, déménagement du boyfriend, niveau de vie réduit de manière peut-être un peu plus drastique que ne l’exigeait la situation… Je me suis repliée sur une vie asséchée et, sous couvert de tenir, je rends les choses plus pesantes encore.

Faire davantage d’efforts pour que, dans l’ensemble, ils me coûtent moins…

Faire des efforts, en faire un. Le soin de sa personne qu’a la psy (avec ses belles boucles d’oreille, conques dorées) me pousse toujours à faire un tout petit effort de tenue les jours où j’y vais — ne pas attraper le dernier truc porté sous prétexte que c’est le plus confortable. Penser à ces vêtements usés aux fibres imbibées de sueur, que je n’arrive pas à jeter, que je porte en boucle me donne une soudaine envie de shopping (je déteste le shopping), d’image de moi ravivée. Ce qui me gêne aussitôt : se sentir bien passerait aussi par là, impliquerait de repasser par davantage de consommation ? Du matériel, des restaurants, des vêtements ? Vous n’allez pas vous mettre à consommer excessivement, me rassure la psy, qui voit et la bestiole à laquelle elle a à faire et sa réticence. Me serais-je enfermée dans l’austérité, à trop vouloir être raisonnable (et cette phobie de gâcher) ? Je ne suis pourtant pas du genre à me priver — au contraire : j’ai tendance à faire attention dans les menues dépenses pour pouvoir y aller les yeux fermés quand j’en ai vraiment envie. Peut-être faudrait-il y aller les yeux ouverts, pour ne pas involontairement s’entraîner à étriquer ses envies.


Je repars de la séance guillerette, même si mes voisins de tram plombent l’ambiance avec une collègue de 35 ans partie en 2 mois, et d’autres cancers, il y a des tumeurs dans la famille de Thomas, à moins que la famille de Thomas ne soit une famille à tumeur ? Il est question de l’architecture de Bruxelles aussi, et des destructions pendant la seconde guerre mondiale. Avec un accent de grosse bourgeoisie, la nana déclare qu’elle aurait été pendue pendant la seconde guerre mondiale. Pourquoi, demandent ses amis. Oui, pourquoi ? « Parce que j’aime trop le peuple allemand. » J’essaye d’halluciner discrètement. Pas l’Allemagne, les Allemands ou la culture germanique, non : le peuple allemand. Ein Vok, ein… Un peu plus tard, elle parle d’un collègue, allemand donc, parti lui aussi trop tôt, alors qu’il était si jeune… et musclé… le souvenir la met en émoi. Moi, en effroi : pourquoi pas aryen, tant que vous y êtes.


Ça sent bon la sauce à verser sur le tofu soyeux.


Cinq autres boutons de roses rouges pustulent dans le mur de végétation.

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Mercredi 6 mai

Kick de réalité cancéreuse au réveil (j’avais oublié ?).


Premier passage de la chorés des intermédiaires avec les tutus, ça devrait bien rendre. Fin de la choré des petits : commencent les répétitions, le encore, encore, qui leur semble de trop, et à moi aussi, malgré tout ce que je vois encore à améliorer pour que ça passe.


À H., je raconte que, vendredi, on va manger des cookies (je ne prononce pas le s) et la mention de cet afterwork d’enfant nous donne rapidement envie de cookies là maintenant. Je prends congé d’elle et, sur un coup de tête, fonce chez Ben’s cookies dans le Vieux Lille, vite vite, un aller-retour, choper un cookie avant que la boutique ferme, avant que H. rentre chez elle, avant que l’heure du dîner soit de beaucoup dépassée. J’ai six heures de cours de danse dans les pattes et j’avale les deux kilomètres à grandes enjambées, la vitesse engendrant la joie sans résulter du stress. Je jubile comme si je préparais un mauvais coup ou me rendais à un rendez-vous amoureux ; j’ai fait dérailler le quotidien, le retour fatigué chez moi, je vois défiler le haut des immeubles, remarque une rambarde en pierre que je n’ai jamais vue, dans une rue dont je ne connais que les dalles à motif mangées par le béton. Cette opération cookie est un pur plaisir d’amitié, m’offre plus de joie que je ne lui en offre à elle — et en même temps, cette impression de (dé)celer un début d’amitié. T’es folle, me dit-elle joyeusement quand je drop le cookie au chocolat à l’école avant de prendre la poudre d’escampette.


Salade de concombre et tartine ricotta-huile d’olive

Illumination : finir le concombre non pas en simili-tzatzíki, comme je le fais d’habitude, mais à la coréenne (sans piment). Vinaigre de riz, sauce soja, furikake. La fraîcheur est plaisante.


Jambes écartées, collées, serrées, surélevées, reposées, dépliées… ce n’est pas une chorégraphie sensuelle, c’est une gymnastique désespérée pour tenter de sortir des toilettes. Risible et douloureux. Une heure, une heure du matin. De retour à deux heures.

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Jeudi 7 mai

La journée n’est pas du tout aussi dure que les 5h30 de sommeil le laissaient anticiper. Sur l’adrénaline, je suis plutôt même moins fatiguée que d’ordinaire, alors que c’est presque du 10h-10h (21h30 en réalité).


C’est très satisfaisant. Dixit S. Mes petits ouiii de souris prof de danse quand un élève chope le truc après que je l’ai aidé à ajuster sa position.

La forêt d’adultes débutantes commence à ressembler à un corps de ballet, mieux synchronisées, ports de bras plus affirmés.


Toute la journée, tout le monde se souhaite un bon week-end. Le jour férié tombe sur mon jour de congé, et je travaille samedi comme d’habitude.

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Vendredi 8 mai

Entrer mes élèves adultes comme contacts sur WhatsApp, avancer les cours du prochain jeudi férié, vérifier des horaires, rédiger et envoyer un mail d’information pour les élèves du conservatoire, un autre mail de rappel, trouver une remplaçante pour le créneau qui n’a pas encore trouvé preneur, décrire mes exos, envoyer les musiques… tout en maintenant une ou deux conversations privées asynchrones en parallèle, par messages et vocaux… je  passe du téléphone à l’ordinateur, d’une application à une autre,  traitement de texte, navigateur, agenda, je suis efficace, je jongle entre les fenêtres et je continue aves les onglets, sans plus trop savoir parfois ce que je suis venue y faire, repartir d’Instagram, est-ce que mon interlocutrice a répondu ? Je suis efficace puis plus, de moins en moins, je ne me résous pas pour autant à abandonner avant d’avoir fini, ai-je fini, que me reste-t-il, ah oui, ah non, il doit rester quelque chose auquel je n’ai pas encore pensé, je continue à passer d’un onglet à l’autre et à ne pas tenir en place, navigation d’interface en interface, l’efficacité est addictive, je veux être encore efficace, quelle tâche virtuelle puis-je encore effectuer, sur Instagram un post explique que le burn out n’est pas un problème de working too hard mais de ne plus savoir sortir d’un productive mode. Je ne tape pas sur le bandeau du bas pour en savoir plus, je vais plutôt déjeuner et lire une bande-dessinée dans l’éclaircie de la terrasse.


Sur Instagram, quelques vidéos de danse me rappellent pourquoi j’aime le danse.

Un corps de ballet de femmes en cheveux qui, de leurs sauts de chat, découpent l’espace en baklavas joyeux — créer la surprise avec ce pas de débutant !

Une version de La Belle au bois dormant que je ne connais pas, avec des mouvements des bras ailés qui suggèrent le plongeon du canard bec dans l’eau — révélation : dans canari, il y a canard !

C’est ça que je veux, que j’aime, lassée des Here’s what you whould do et Don’t make these mistakes. Les conseils pédagogiques pour lesquels je me suis abandonnée fire back en accusations larvées, je suis même fatiguée des précautions oratoires soulignant que nos manquements de professeurs ne sont pas de notre faute, on ne nous a pas appris ça, c’est tout, venez l’apprendre dans ma formation, early bird arrivera bien à tirer les vers $$ du nez.

Racheter son scroll par quelques secondes de geste qui ne soit pas seulement mouvement.

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Samedi 9 mai

C’est notre dernier cours ensemble avant le spectacle. Je dois expliquer aux élèves que je ne serai probablement pas là pour les voir danser, je me fais opérer.
— Une opération de quoi ?
— Une opération.
On ne va pas plomber l’ambiance. Déception de part et d’autre (abandon, désintérêt), que j’atténue tant bien que mal en les encourageant, en leur souhaitant beaucoup de plaisir sur scène et en les assurant que je penserai fort à elles (je n’y avais pas songé avant de leur dire).

Cela se passe bien avec les petits, mais à la fin du cours des intermédiaires, une élève vient me voir en me disant qu’elle a mal au dos. Je lui pose quelques questions, elle s’est fait ça en montant la jambe plus haut que d’habitude en arabesque, non, elle ne peut pas arrondir le dos sans douleur. Je lui propose de s’allonger au sol pour trouver la détente, mais quand elle s’aperçoit être incapable de s’asseoir, elle commence à paniquer, et moi avec.  J’appelle les parents (la mère), dépêche une camarade dans les vestiaires pour l’aider à se rhabiller, des grandes tentent de la rassurer, elles aussi ont eu des lumbagos, ça fait très mal sur le moment c’est vrai, mais ça passe vite ensuite. J’ai littéralement des larmes sur les mains. La mère arrive vite, coutumière des lumbagos mais pas trop pour les médicaments me dit-elle, et tente d’emmener sa fille, mais les escaliers sont un calvaire, par la pointe, le talon, de face, de dos ou de côté, en s’appuyant sur les épaules de sa mère ou en faisant peser son poids sur la rambarde. La mère l’encourage à dépasser sa panique, elle en est capable, mais à quel prix, panique n’est pas douleur, quatre marches en dix minutes, quand la gamine font en larmes, je fonce à l’accueil et ensemble prenons la décision d’appeler les pompiers. Elle a douze ans bordel, et besoin d’antidouleurs.

Pour évaluer la situation, un des pompiers se place derrière elle et lui palpe délicatement le dos ; son collègue resté de face l’avertit aussitôt qu’elle vient de grimacer de douleur. Quand elle renonce à masquer, les pompiers décrètent qu’ils vont chercher une planche, à laquelle ils vont l’arrimer (la scotcher) pour pouvoir l’incliner avec un minimum de mouvement et ainsi l’amener à l’étage du dessous où se trouve l’ascenseur. Cela fait bien trente à quarante minutes que j’ai laissé les autres élèves en plan, aussi je laisse faire les professionnels et pars retrouver le reste de la classe, non sans un crochet pour la salle des professeurs pour décharger quelques pleurs de tension nerveuse.

En cette période de spectacle, je fais des échauffements rapides, et j’ai omis, je m’en rends compte a posteriori, un réel travail de mobilisation de la colonne vertébrale — il n’y a que de petites amplitudes dans leur chorégraphie. Ce genre de blessure est sûrement multifactorielle, intervenant quand le corps est déjà fatigué et fragilisé, mais je ne peux fuir ma part de responsabilité et donc de culpabilité. La mère, elle, s’en veut d’avoir laissé venir sa fille alors qu’elle était fatiguée.


Je finis ma journée de cours tant bien que mal, secouée, laminée, puis file rejoindre mes deux collègues pour notre afterwork cookie (délicieux), prolongé sur la pelouse à attraper les derniers rayons du soleil entre les immeubles. La psyché un peu éclopée pour tous trois, on cause pianiste beau comme un dieu, sauna gay et utilité sur Terre (le tour pris par la conversation m’a rappelé Leibniz et j’ai expliqué ce qui m’avait marqué en lisant Samah Karaki, le free won’t plutôt que free will). Nous n’avons pas les mêmes orientations sexuelles ni les mêmes croyances religieuses (c’est même à chaque fois un éventail de possibles) et ça m’a fait beaucoup de bien de baigner hors de mon univers, shootés au sucre, entre futilités et questions existentielles.

Cookie chocolat et noix de macadamia

Au moment de me coucher, je suis prise de fièvre et frissons.

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Dimanche 10 mai

Nuit en pointillés, journée à cuver un genre de gastro ou d’intoxication alimentaire. Je suspecte le Cantal, mange quelques fruits, du congee, et comate devant Resilient Man.

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