Ça en i: long

Au premier semestre, ma prof d’anglais m’a demandé si j’avais de la famille écossaise. Pas à cause de mon nom – breton et non British – mais de mon accent. Je ne savais pas trop si je devais me réjouir (d’avoir un accent du monde anglophone identifiable) ou m’inquiéter (que ce soit précisément cette partie-là du monde anglophone). Et pourquoi pas des origines australiennes, tant qu’elle y était ? Le Mémento de phonétique anglaise que j’ai piqué (avec autorisation) à mon stage vient de m’apprendre pourquoi au bout de trois pages : « Une réalisation de voyelle pure sera caractéristique d’une certaine affectation de langage, ou bien d’un accent écossais, car dans cette variété d’anglais, ce son est plus bref et plus tendu qu’en anglais « standard ».» Et sheet [shit] (of paper).

Paris-Carnet au Couvent

Paris-Carnet au Couvent. En sortant de la station Gobelins, j’ai reconnu où je me trouvais – pas par rapport à la dernière fois, mais par rapport au trajet du 91 entre Censier et Vavin. Subitement, deux morceaux de puzzle se sont imbriqués, incluant dans le même espace la fac et Paris-Carnet. C’est à peu près aussi bizarre que de se trouver avec Palpatine dans le quartier latin.

Paris-Carnet au Couvent. Un vrai carnet a circulé. Chacun devait y écrire quelque chose. Je me suis trouvée bête, c’est très dur d’écrire quelque chose. Un peu comme les cartes d’anniversaires. Sauf qu’une carte d’anniversaire, en principe, vous connaissez le destinataire, et qu’après avoir vainement immobilisé la carte en quête d’inspiration, vous pouvez abdiquer et répéter la formule consacrée. Seulement là… J’éééééétais là ! Oui, mais je n’avais pas le bourdon. Feuilleté en marche arrière, le carnet révèle de chouettes croquis en plus des doux ou bons mots. Je finis par dessiner-signer une mini-souris, fournissant ainsi à Valerio l’occasion de cadavrexquiser, car non, je ne suis pas verte.

Paris-Carnet au Couvent. Drôle de nom a priori pour un restaurant. A posteriori, les gnocchis au roquefort gratinés sont une religion.

À temps, je n’attends plus

 

Un week-end aussi bon qu’un moment. Sans attente ni frustrations, même sur le quai du RER. J’ai coupé court. Arrêté le cours de danse peu après la barre et avant que mon corps ne suive plus (j’ai dégagé), pour aller voir Roméo et Juliette. Pris dans ma main la mâchoire de Palpatine qui pestait contre l’adaptation shakespearienne et l’ai détournée vers la scène ; qu’il me laisse applaudir, il râlerait ensuite (tête revenue en bisou-boomerang). Interrompu le vendeur d’Apple quand il est devenu urgent que j’avale un bol de nouilles. Partie ce matin sans que Palpatine soit levé, et ma mère dormait encore quand je suis arrivée chez moi ; l’occasion d’un second petit-déjeuner car, entre le muguet et la baguette fraîche, il n’y a pas à tergiverser. Dansé-défoulé lors du cours de danse dominical de la compagnie dissipée. Arrêté de travailler pour du gâteau chocolat-pignons de pin. Week-end parfait même de s’arrêter à temps.

After hours, ce n’est plus l’heure

After hours a fini par me taper sur le système nerveux mais trop tard pour que je n’attende pas tout de même la fin du film. Piège abscons à l’image duquel j’ai réussi à me pourrir le week-end toute seule comme une grande (looseuse). Demain, moi aussi, comme Paul, je me mettrai en face de mon écran d’ordinateur au boulot et je recommencerai une semaine sans réfléchir. Morale du film : dormir d’abord.

Soirée bien asSAISONnée

 

Présentation Arop de la saison prochaine hier soir : je me décide au dernier moment, comme d’habitude, et lorsque j’appelle pour réserver, on me répond que les listes sont déjà parties mais qu’il n’y a aucun problème, je n’aurai qu’à me présenter en arrivant. Ces pré-inscriptions, c’est vraiment pour donner à l’adhérent l’impression d’être VIPouille, et le plaisir de voir son nom stabiloté tandis qu’il en précise l’orthographe : mimylasouris, avec un y, comme Myriam (Ould-Braham).

C’est vrai que les mondanités font partie du plaisir, même si, dans ce cas précis, le monde se résume pour moi à un cercle de balletomanes-bloggueuses, qui ne s’élargit que pour lancer des offensives sur le buffet. Et je dois dire que la mini-tartelette au citron avec des éclats de pistache est si fondante qu’elle m’ôterait presque toute envie de faire ma langue de vipère, notamment sur notre Misérable préférée, dont on nous a abreuvé pendant les extraits vidéos, parce que bon, faut bien que la bande-annonce la vante un peu pour pouvoir la vendre (curieusement, quand c’est Aurélie Dupont, il n’y a pas besoin de légende).

Je découvre ainsi, après quelques minutes de Marie-Agnès Gillot en train de danser une gigue irlandaise avec son aspirateur (déjà dans le documentaire qui lui était consacré) qu’il faudra absolument que j’assiste à l’ Appartement de Mats Ek, même si j’ai déjà vu la première partie dansée par le NYCB. Et si dieu (enfin le système des Pass jeunes) le veut, je prendrais bien au rabais une place pour l’opéra de Debussy, qui a l’air beau bien que statique, ainsi que pour celui des Trois oranges, de Prokofiev, ne serait-ce que pour enfin capter l’allusion dans Cendrillon, qu’on aura d’ailleurs en opéra par Rossini et en danse dans la version de Noureev, après avoir vu celles de l’English National Ballet, de Matthew Bourne et de Massenet (plus de lac, c’est un signe). Autre doublon qui risque de me titiller le neurone si je vais voir les deux : Manon, Massenet versus Kenneth MacMillan. C’est assez amusant de voir comment est pensée une programmation, même si, opéra et danse, on ne se cause pas, Brigitte Lefèvre ouvre le bal et Christophe Ghristi tarde à la le fermer.

Quand l’évaporation des plateaux de mignardises n’est plus qu’un souvenir, on nous pousse vers la sortie : Amélie, le Petit rat, Palpatine et moi finissons en beauté au café d’en face, où le fromage se trouve sous la catégorie « entracte » et où la salade au saumon s’appelle « le Lac des cygnes ». Palpatine est tout content de commander une salade « Ivan le terrible » quand la balletoman(iaqu)e refuse de manger de la verdure. Entre rongeurs, nous sommes d’accord : on s’enfile un tartare parfaitement assaisonné, servi avec des frites délicieuses, croquantes et si peu lourdes qu’on commande des profiteroles dans la foulée, histoire de faire glisser les mille et un potins que les deux balletomaniaques nous content. Merveilleux.

 

[Faut que je fasse attention, mes comptes-rendus se palpatinisent… Lui, de son côté, se met à prendre des photos bizarres avec des reflets. Si, de surcroît, comme me le faisait remarquer Miss Red, mes posts se raccourissent (relativement, faut pas déconner non plus) tandis que les siens s’allongent, je vais finir par croire qu’on déteint l’un sur l’autre.]