[…] quand on voit des femmes en train de parler ensemble, on les imagine en train de cancaner, parce que c’est généralement comme ça que les femmes sont représentées dans la culture mainstream. […]Mais je pense au contraire que les discussions que les femmes poursuivent entre amies, en présentiel ou via ces notes vocales si pratiques, sont en réalité des rouages cruciaux du fonctionnement du monde. Ce sont ces échanges qui nous permettent de faire tenir nos vies, nos mariages, nos parentalités, nos santés mentales, nos vies professionnelles, nos rapports avec nos parents. Ce sont des conversations fondatrices, essentielles, instructives, bouleversantes, lorsqu’on a la chance d’avoir de bonnes partenaires de débat, des complices sincères.
Julia Kerninon, Des années d’amitié, Sur le fil
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Winnie Lim, a new relationship with myself
My mistake was assuming my thinking self is my one self, so I lived my life according to what the thinking self needs.
Mon moi rationnel tend à regarder les autres de haut et déteste écouter leurs besoins.
So in my mind now there are a multitude of selves.
La psy de les asseoir sur différentes chaises.
I tend to brute-force myself into doing things because I have aspirations and expectations.
Every single day if not every single moment, I seek to overcome that frozen self. That on its own is exhausting. My partner simply flows along like water. Before living with her I didn’t know people can just flow along life.
Flow along life. Je pensais que c’était mon mode par défaut, puis j’ai découvert en devenant adulte que j’avais peut-être seulement été entraînée dans le sillage de ma mère, touche-à-tout pour qui tout problème a toujours une solution qui en vient à défaire le problème, next. (Est-ce même le mode par défaut de Mum ou une hygiène brute-forced upon herself car l’action est le meilleur remède pour ignorer ses maux et soigner ceux des autres ?)
Les périodes alternent, parfois massives, parfois brèves, de flow et de brute-force, sans que je sache si le flow est un état premier qu’une certaine forme de fatigue mentale vient entraver ou la destination d’un brute-forcing bien discipliné. (Est-ce que je m’en éloigne ou m’en rapproche en m’y efforçant ?)
But for now, the chronic dissatisfaction with my self continues.
Pas chronique, mais périodique pour moi.
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[…] when we grow up and live in a very particular circumstance/situation we tend to believe life is a certain way. There seems to be no way out of that life because its society, rules, conventions, relationship dynamics are all shaped a particular way. This determines how we perceive life, other people, and our selves. More importantly, it determines how we’re being perceived too. Many of us are not able to get out of that mould people insist on sticking us in.Once I experienced a new and different environment I had a psychological breakthrough.
We perceive the world through a filter, and one of the best things that one can do in life is to improve that filter.
I am saying when life gets too narrow there are probably a multitude of ways to expand it. Sometimes instead of aiming for positive experiences and avoiding negative experiences it would be better to treat each experience as a learning experience.
Winnie Lim, the city that saved me
Nous sommes nombreux à ne pas réussir à sortir du moule dans lequel on nous colle avec insistance. Comment fait-on quand on, « people », c’est soi-même ? Est-ce l’intériorisation de perceptions extérieures, auxquelles on continuerait de croire alors qu’elles ne sont plus énoncées ?
Parfois, plutôt que viser des expériences positives et éviter les négatives, il vaudrait mieux traiter chaque expérience comme une occasion d’apprentissage. « Vivre, c’est faire des expériences » dirait Jocelyne, mon ostéo grand manitou.
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Si souvent je les vois chercher, désespérément, la cohérence avant le sens.
Monsieur Samovar, De quoi ça parle ?
À la fois je comprends le propos de l’enseignant (le sens-logique vs le sens-sensoriel) et je bugue comme les lycéens auxquels il enseigne : comment ça peut avoir du sens si ce n’est pas cohérent ?
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[…] de l’importance de laisser entrer de la nouveauté dans sa vie pour ne pas se laisser dépasser par celle-ci.
Florence, Carte postale culturelle #16 – Mon grand récap estival,
Les mots de la mouette
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On s’est demandé, un instant, quand même, pourquoi, vers quoi, on rentrait.
Marie Kléber, Il y a un mois…, Accrocher la lumière
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Peut-être que c’est cela que je ne comprenais pas : un livre peut ne pas être publié et avoir pourtant profondément existé. Il peut ne devenir aucun objet, ne rejoindre aucune bibliothèque, ne porter le nom de personne sur une couverture, et avoir malgré tout déplacé une vie.
Alice Legendre, Que caches-tu sous l’eau de ta langue ? Brèves de journal
Pensée pour mon manuscrit sur la danse et pour les livres auto-édités et trop peu lus de mon amie M.
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Après le récit d’une soirée d’éclipse :
[…] the people were always the point, everything else was just a convenient excuse.
Marie Le Conte, Do you know who I am? Do you? The Young Vulgarian
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I noticed that a lot of people in Beijing wore t-shirts that had slogans on them which were technically in English but didn’t actually mean anything. I fell in love with them straight away because they struck me as the moon to westerners’ bad Chinese tattoos sun.
Mon préféré : Blitzkrieg personality
Marie Le Conte, some Beijing t-shirts, The Young Vulgarian
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Dans le métro chaque matin, […] je me disais que ce rythme était à la fois écrasant et grisant. Il nourrit mon adrénaline autant qu’il vide ma batterie.
Sophie Gliocas, L’été où j’ai réécrit mon livre
suite aux conseils de mon éditrice, Gang de plumes![]()
Je sais que je vais « payer » cette attention le lendemain et en effet, ce sera le cas. Mais je suis heureuse d’avoir pu participer, même à distance, à un événement qui me tentait et cela sans l’avoir cherché, ce qui est essentiel au moment où tout, pour moi, est effort.
Anne Savelli, Le monde qui vient, Fenêtres Open Space
Similaire économie de l’énergie ces temps-ci avec les chimios. Je peux faire plein de choses, mais ça se paye. Plein de choses, mais pas d’affilée. La joie en revanche en est presque décuplée.
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Supprimer votre parole ne changera rien à la normativité, si ce n’est que de l’accélérer un peu plus.
Karl, Ma résistance est ma parole, Les carnets Web de La Grange
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Not doing anything would be just the same as letting myself rot.
Diary of a Vagabond, Fumiko Hayashi
citation trouvée chez Karl
Métaphoriquement.
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Il n’y a pas de fresques, d’installations, de symphonies, de films en cinémascope, de chansons à succès, d’affiches, de titres de journaux, d’émissions, de colloques sur ces pratiques anciennes, contemporaines, futures, au destin d’angle mort. Je rêve d’un documentaire qui suive seconde après seconde la journée d’une femme de ménage. […] La vie ménagère dure longtemps. Si longtemps qu’elle provoque l’ennui. Ce sont des questions graves qu’on prend pour des questions idiotes. Les juger mal est plus pratique pour laisser perdurer l’assemblage, qu’on qualifie de viable. Imagine que ce temps rendu terne, caché, répétitif, discret jusqu’à l’invisible, devienne soudain le Graal, l’objet à admirer, à sculpter en statues sur les ronds-points, dans les musées, à reproduire en mosaïque sur les murs de bâtiments exceptionnellement grands, à longer en affiches dans les métros des agglomérations, à chanter et les refrains seraient repris, à exercer pour avoir l’air cool, à étudier en travaux universitaires et à prix-nobéliser de littérature, imagine que les trois quarts des gestes réduisant à néant des tornades de poussières éternelles deviennent vus, simplement vus, comme ils sont, vrais et réels, imagine ce changement.
Christine Jeanney, « vous êtes ici » 10 (chanson de geste)
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Évidemment, ça n’est pas exprimé verbalement à l’époque, comme une quantité d’autres choses dont l’éloquence est contrariée, et les odeurs s’épuisent.
Christine Jeanney, « vous êtes ici » 11 (emballement)
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Par exemple, le jour de l’enterrement de mon père, je n’ai pas eu accès aux retombées lointaines, féeriques, et à la transmutation de cette journée en histoires postérieures inventées. […] Si j’avais possédé un cerveau rhizomique, qui fonctionne en réseaux, en tentacules simultanés, j’aurais eu accès à tant de choses. […] Je n’ai pas mesuré non plus la revisitation du passé, comme elle transcende, et comment une tragédie grecque s’immisce dans la façon de se mouvoir, embrumée, de tourner la cuillère dans la tasse, de monter l’escalier pour s’écrouler dans un lit maintenant désossé, au bois réduit en échardes, en brindilles de rien.
Je n’ai rien vu, en la vivant, de mon histoire sociale.
Christine Jeanney, « vous êtes ici » 13
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Dans une famille aisée, habituée au prestige, il y a des codes de bonne tenue. On se surveille pour mieux se déployer ensuite. La surveillance s’intègre, s’avale comme une ampoule de vitamine D, par la posture droite du corps, que favorisent la danse, l’équitation – c’est-à-dire une activité de malaxage d’un des êtres vivants parmi les plus beaux qui soient en vue de le faire marcher, sauter, courir, en tant que bel esclave, activité intriquée avec ce qu’ils appellent l’amour, un lien dit-on incomparable entre maître et monture tant que celle-ci lui est soumise, ce qui constitue un bon entraînement pratique pour s’exercer ultérieurement à la domination perverse sur autrui, voire même au chantage affectif du « soumets-toi puisque je t’aime ».
Christine Jeanney, « vous êtes ici » 14
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I spent entire weekends with myself. I explored places, experienced what it is like to have no peer-pressured schedules or obligations, rolled around the floor because I wanted to, walked around taking in sights without the distraction of conversation, ate food I liked, took long road trips to nowhere stopping wherever I wanted, airbnb hopped like no tomorrow, took my time at musuems or sped through them, stared into nothingness without being interrupted, moped around in sadness without worrying it would affect someone else.
Living with people: it is like living with mirrors everywhere. It can be exhausting, because sometimes I just need to not be reminded of who I am.
Winnie Lim, aloneness
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« L’humilité est une vertu rare, démodée, souvent difficile à discerner. On ne rencontre qu’exceptionnellement quelqu’un chez qui elle brille, chez qui on perçoit avec stupeur l’absence des tentacules avides et anxieux du moi. »
Citation de Murdoch traduite par Thierry Crouzet
On me demande comment je vais. Je vais au mieux que je puisse aller.
Même réponse aux Comment ça va ? auxquels je ne sais plus quoi répondre. J’ai envie de conversations continuées ou in media res, sans avoir à donner de nouvelles qui n’en sont pas.
La vérité : tout le monde essaie des trucs, parce que nous sommes mortels. Moi, j’essaie l’ascétisme, et le sport par-dessus, c’est ma drogue à moi.
Thierry Crouzet, Juillet 2026
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la perte de temps née de l’abondance de temps à avoir devant soi […]
ana nb, journal des oiseaux et des pierres, le jardin sauvage
via Karl