Mimy au musée Marmottan – expo Camille Claudel

      

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      Nous –ma mère, le toc-toc et moi- y sommes allés pour l’exposition des sculptures de Camille Claudel. L’occasion de voir celles qui ne sont disponibles qu’en 2D dans les livres puisque les originaux appartiennent à des collectionneurs particuliers. Le volume est toujours étonnant. Comment arrive-t-on à un rendu si expressif, détaillé mais doux comme la Petite châtelaine à partir d’un cube de marbre brut ?  Mais les sculptures de Camille Claudel sont bien plus fascinantes qu’époustouflantes. Pas figées comme les marbres antiques. Vivantes, vibrantes, presque parlantes. Et pas seulement les Causeuses. Elles semblent suspendues aux lèvres de la conteuse. Le secret de sa révélation reste inconnu, mais toujours dévoilé, suggéré par l’expression de ses auditrices. Ces conversations nous parlent, sans cesse re-imaginées. Pour moi, c’est ça. Une œuvre me plaît quand elle me parle, quand elle imprime une impression en moi. Alors, la sculpture que j’ai préférée est la Valse. Peut-être parce que je suis danseuse. Une salle entière consacrée à cette valse ; leurs dispositions dans la salle recréait presque la chorégraphie. Chaque moulage est particulier, et pas seulement de par sa composition. Ici, le couple fusionne, joue contre joue, corps à corps ; là, ils sont légèrement medium_claudel-valse1.3.jpgécartés. La tête du danseur effleure la nuque de la femme. On sentirait presque son souffle au creux de notre cou. Une voix murmure… on ne peut entendre. Le secret ne se dévoile pas dans une salle d’inconnus qui tournoient eux aussi autour du couple ; qui se baissent, commentent, qui jouent au jeu des 7 différences entre les 8 moulages.
Aller au musée devrait toujours être un jeu.  Au sous-sol, dans la galerie Monet, une maman a tout compris. Elle accompagne sa fille d’environ quatre ans avec son cahier et ses feutres. Etalée par terre, elle crayonne joyeusement. Voici le meilleur moyen de former une future amatrice d’art. Rien de tel que d’aller au musée, voir les peintures en grandeur et couleurs nature. (A Chypre, la guide nous a expliqué que pour remonter le niveau des enfants en histoire, l’état a décidé que les cours se dérouleraient sur place, dans les musées. Est-il utile de préciser que le niveau a sensiblement augmenté ? ).
    J’aime toujours autant les tableaux de Monet. Ils re-capturent un instant, une impression fugitive. Ou indistincte. Et prennent un relief surprenant si l’on s’en écarte. La gare St Lazare exhale ses fumées droit sur nous, le clapotis de la Tamise reflète les derniers rayons du soleil couchant et les célèbres nymphéas n’en finissent pas de flotter sur une eau doucement changeante et bruissante.

    J’ai bien pris plaisir à barboter dans l’atmosphère de cet hôtel particulier devenu le musée Marmottan et j’y retournerai sans marmonner. S’il vous plaît d’y faire un saut, dépêchez-vous, l’exposition Camille Claudel est temporaire et n’est prolongée que jusqu’au 31 mars.

Expo Klimt, Schiele, Moser et Kokoschka (mais surtout Klimt)

Impressions d’une sortie dominicale au Grand Palais.

Il y a beaucoup trop de monde. Heureusement que l’on avait réservé mais même à l’intérieur, c’était la cohue, en particulier devant les tableaux de… Klimt. Et ce n’est pas un hasard.

     Kokoschka… à part le nom drôle à prononcer, je dois avouer que je n’aime pas grand-chose. Si, la signature si incongrue que l’on dirait un tag d’un visiteur mal intentionné.

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        Schiele… un jeune homme pour le moins torturé. A force de voir ces corps anguleux et surtout ces mains tordues, j’ai fini par avoir mal au petit doigt (assez stupide comme douleur, j’en conviens). De lui, j’ai aimé 1 tableau, un grand-père et observé un dessin autoportrait. En fait pour ce faire une idée de l’optimisme fou véhiculée par ce peintre –en dépression ?-, il suffit de comparer le titre : Pre-printanier à la toile : une terre, trois squelettes d’arbre – noir – marron- terne. Ma mère : « Il faudrait lui expliquer qu’entre deux couleurs, il faut laver son pinceau ! »

        Moser… une belle maîtrise de la lumière, surtout dans le tableau des sapins, mais c’est peu comparé à…

         KLIMT … Ce pour quoi je suis venue et ce pour quoi je ne regrette pas d’être venue. C’est esthétique. Sans rien connaître aux règles de l’art, on peut se dire : « Waouh ! C’est BEAU. » Les couleurs sont vivantes, harmonieuses. Les paysages à la limite de l’impressionnisme. Devant la toile d’une façade de maison, on rentre dans le tableau ; les feuilles semblent bouger, des voix lointaines s’en dégager !                                                  

Et les visages ! Le seul portrait d’homme de Klimt présenté est d’un réalisme tel qu’on dirait une photo.Et les visages ! Le seul portrait d’homme de Klimt présenté est d’un réalisme tel qu’on dirait une photo.

Et est-il utile de présenter les figures féminines ? Danaé, Judith, Musique, Amour… Les visages sont magnifiquement expressifs, les étoles vaporeuses, tout est délicat et fort à la fois de par les motifs géométriques et l’or. De quoi rester sans voix et planté devant les chefs-d’œuvre. Enfin pas trop longtemps, on est loin d’être seul ! Même pas de lassitude après le TPE de l’année dernière (d’ailleurs, on aurait du le commercialiser à la sortie, ^^’). Voir les tableaux en vrai est indispensable. La taille joue, la brillance aussi (surtout chez Klimt) et les détails ! On repère plein de détails qu’on néglige sur les reproductions… voile sur le nez d’Holopherne, carré d’or en haut à droite de Danaé, « boule de peinture  » (pas blanche) qui, dans le corset d’une dame devient diamant étincelant … La liste est trop longue. Un vrai régal en résumé, auquel participent les cadres  (dans le portrait de l’acteur, la partie de droite on discerne à peine un magnifique visage féminin). C’est vrai, on y accorde généralement peu d’importance mais ils sont ici totalement justifiés, faits par l’artiste.

Seul bémol (je ne discute pas le choix des artistes, je n’aimais pas les compagnons d’expo de Klimt, mais les goûts et les couleurs sont dans la nature) : le monde (qui a dit que la culture n’intéressait personne ?) et la taille des commentaires à déchiffrer à la loupe (quand il y a foule, c’est d’un pratique…)

Expressions canadiennes… ou le plaisir d’un autre français

     Plus français que les Francais !
C’est la même langue et pourtant ! … par l’accent et par les expressions idiomatiques, la conversation peut vite tourner au quiproquo. Petite revue de détail (je vous épargne tout de même le char, le tcheum et les gosses) :
– Le dîner est servi à midi. Non que les journées soient décalées mais le repas du soir est le souper (et le petit-déjeuner s’appelle le déjeuner). Je vous laisse imaginer la tête des gens lorsqu’on leur a annoncé qu’on irait faire une excursion en motoneige et dîner dans la pourvoirie voisine !
Bon matin ! Les canadiens sont d’une logique implacable.
– A « merci » on ne répond pas « de rien » mais « bienvenue ». Ce qui laisse déjà entrevoir la grande générosité et chaleur de nos amis du grand nord.
– Notre guide trouvait que les motards en Harley Davidson se pétent les bretelles. Comprendre qu’ils se la jouent.
– Leur relation à l’anglais est pour le moins paradoxale. Influencé par leur voisin, ils veulent néanmoins garder leur langue. Aussi les panneaux stop sont-ils devenus des « arrêts ». Mais en même temps, les mots anglais envahissent la conversation.
Le musher (chef des chiens de traîneau) avant de nous confier les attelages : si on veut s’moquer, c’est maintenant. Parce qu’après on se fait traîner par les chiens ? *regards angoissés* En fait pas du tout. On devait juste ne pas smoker, de smoke, fumer.
De même on va shoper (pas choper, comme la phonétique laisse planer le doute) et non faire du shopping. On ne marque pas un but mais on score.
La règle, c’est le mot anglais francisé, après on décline.
– J’espère que jusque là vous ne trouvez par l’article trop plate, c’est-à-dire ennuyeux.
– Les hommes portent aussi des bas puisque ce sont des chaussettes. Les moufles deviennent des mitaines, les moufles canadiennes étant des cache oreilles et nos mitaines étant désignées par « des gants pas d’doigts ».
C’est correct… pas le code de votre CB mais une façon de dire « c’est bon ».
– Vu aussi lors de mon précédent voyage, les panneaux « Pieds pesants, ralentissez » « Les angles morts, voyez-y »

      Autant vous dire qu’on a fini les soirées avec le dictionnaire. Pas le Petit Larousse, comme l’aurait voulu Crevette mais avec un dico français et canadien qui donne les subtilités des deux langues.
Nous avons aussi vu Garfield doublé en canadien et c’était pas mal drôle.
La note est finie, j’ai fait ma job.

Alors, c’est à votre goût ? (question rituelle au restaurant)

Mise en bouche

      Je ne peux tout de même pas passer sous silence mes vacances au Canada. Mais avant d’affronter le froid, je vous propose de prendre des forces avec la cuisine du coin. Dès qu’il s’agit de nourriture, je suis facilement multilangue. (Quand on est morfale, c’est pour la vie). A éviter de lire après les tardifs réveillons ou en cas de famine aiguë. Autant le dire tout de suite, c’est riche, gras et sucré.

      …Exception faite du début du repas… soupe ! Ca réchauffe le corps mais également l’ambiance, puisqu’on a eu le droit à une soupe à la grimace de la part de pas mal de personnes…

        Dans les plats, je ne vous cacherai pas mon faible pour la tourtière. Tourte à la viande. Bourratif mais excellent . Deuxième élément que vous vous devez d’aimer si vous avez l’intention d’émigrer ; la pomme de terre. Ceux qui ont fait un séjour en Angleterre sont parés. Elle survient même sournoisement au détour d’un pâté chinois. Késako ? Un hachis parmentier avec du maïs en plus… qu’ils mangent avec du ketchup. Mais pourquoi chinois, notre guide elle-même n’a pas été en mesure de nous donner la réponse.

        Passons à l’essentiel de tout repas, le dessert (toujours jeter un œil à la carte des desserts pour se ménager une grande petite place). La palme de l’écoeurant revient à la tarte au sucre, qui comme son nom l’indique, est saturée en sucre genre mon-caramel-est-devenu- un-gâteau. Je n’ai pas pu avaler deux bouchées, c’est dire. Sympathique également sur pas mal de dessert, la sauce au sucre, façon j’ai-fait-fondre-ma-tarte-au-sucre. Plus digérable pour les touristes est le pudding chômeur, nommé ainsi car il n’y a pas besoin de beaucoup d’ingrédients pour le réaliser. Le summum du délice – toujours pas synonyme de légèreté – était un gâteau au chocolat – c’est international, je crois…. Laissez-vous porter par la description : brownie au chocolat sauce fudge. Ca fait rêver, non ?   

       Mais le summum a été les déjeuners, que l’on nomme nous petit-déjeuner. En buffet à volonté (je propose une modification : le buffet à outrance) : salade de fruits, pancakes en alternance avec pain doré (du pain perdu où le pain a été remplacé par de la brioche –adeptes de Marie-Atoinette, à vos marques.. prêts…) , des haricots avec une sauce sucrée, du bacon croustillant –heureusement que je ne l’ai découvert que le dernier jour parce que sinon, je serais revenue avec quelques kilos superflus. Et les bagels (forme d’un donut’s mais c’est un genre de pain)… plus étouffe-chrétiens, tu meurres. . Surtout quand ils sont tartinés au peanut butter and jelly. La guide me regardait bizarrement… l’habitude américaine n’a pas du bien traverser la frontière.

          Bon, je vous libère, vous pouvez au choix aller rejeter ce surplus de nourriture ou vous précipiter sur le garde-manger. Je vous parlerai une autre fois des activités nécessaires pour digérer.